Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

La France de Sarkozy  

“La France pour la vie”. Tel est le titre de l’ouvrage le plus médiatisé du moment, celui de l’ancien président Nicolas Sarkozy qui tente de « parler aux Français d’une partie du passé que nous avons vécu ensemble, du présent et de ses contingences et surtout de l’avenir. » Il y a dans cette publication à la fois la contrition et l’autojustification qui non seulement explique mieux le quinquennat, mais rend plus sincère l’entier inventaire proposé. Le livre est dans l’histoire de cette précampagne des présidentielles de 2017, comme le premier acte fort de la candidature de Sarkozy aux présidentielles. Le moment choisi répond à plusieurs événements et moments de notre vie politique : l’apparente promenade de santé d’Alain Juppé caracolant dans les sondages que l’opinion publique est tentée de confondre avec des prévisions scientifiques ; les remous au sein du mouvement “les Républicains” ; la bataille interne entre les associés rivaux ; les prestations plutôt solides d’un François Fillon qui donne l’impression d’être déjà dans un bon rythme de campagne ; la propre baisse de Sarkozy dans les cotes de popularité.

« Autant d’éléments qui construisent un “mea culpa” convaincant »

Dans “La France pour la vie”, il y a la reconnaissance d’une passion, celle qu’il a pour la France dans un style néo-gaullien ; il y a la reconnaissance publique d’un engagement républicain entier loin de ces affaires qui lui font tant de mal ; il y a la reconnaissance d’une volonté toujours pérenne où l’homme d’État tente toujours de percer sous le politicien. Si l’ancien président a choisi la France pour la vie, c’est aussi pour demain : plus de présidence “Bling, bling”, plus de dérapages. Autant d’éléments qui construisent un “mea culpa” convaincant l’autorisant à valoriser le bilan de son quinquennat, se vantant d’avoir perçu en premier que « Schengen ne fonctionnait plus » ou d’avoir pratiqué “l’ouverture” de manière à « apaiser les tensions ». L’ancien président assume aussi la dérive droitière de la deuxième partie de son mandat en regrettant sa prudence passée.

Au choc des multiples urgences du président Hollande, Sarkozy veut répondre par un “choc de confiance” économique. Déjà sous la confession, il perce l’âme du combat de chacun des candidats, les primaires dramatisant les enjeux tout en clarifiant les situations. Cette opération politique et de communication créera-t-elle ce choc attendu par Sarkozy qui voudrait redire comme en 2007 « j’ai changé » ? Les prochains sondages éclaireront population et analystes sur le retour de… “l’Isle d’Elbe” sa réussite ou son échec, à moins d’un an des primaires !

 

 


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