Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

La France d’après

Dix jours après l’acte de guerre perpétré par les djihadistes de l’organisation de l’État Islamique la “France d’après” tente de se reconstruire à l’aune des récits des blessés, des secouristes, de l’analyse philosophique ou littéraire du “terrorisme de guerre”. Mais la France d’après, c’est une France qui veut rassembler en lançant à la vue du monde entier, tous “Bleu, blanc, rouge”. C’est derrière le drapeau qu’ils sont tous solidaires et rassemblés. Un sondage publié par “Aujourd’hui en France” montre le changement de symbolique d’avec le 11 janvier : 93% des Français sont attachés au drapeau tricolore, 61% pensent que ce serait une bonne idée de l’afficher aux frontons des maisons. Autant de chiffres d’une France d’après qui redécouvre la fonction cathartique d’un drapeau réapproprié par chacun des citoyens au-delà des partis politiques dont ils désirent qu’ils revêtent d’abord les couleurs tricolores pour susciter un gouvernement non pas d’union sacrée mais “d’union nationale”, démontrant leur attachement plus à la respiration républicaine de la démocratie qu’à je ne sais quel introuvable “modèle républicain”.

« Une France d’après qui redécouvre la fonction cathartique d’un drapeau »

Mais le modèle recherché en résistant en temps de crise trouve aussi ses racines dans le vote “d’amour” des Français pour les qualificatifs qui leur semblent s’appliquer au drapeau tricolore : pour 92% c’est la République, pour 88% la Révolution française, pour 84% la liberté, pour 80% la résistance, pour 76% la fierté, pour 57% le nationalisme, pour 17%… le colonialisme, pour 32% la droite, pour 24% la gauche, pour 30% le FN. La France d’après est en train de réinterpréter les couleurs comme si après “Black, Blanc, Beur” d’une finale historique se redessinait un autre moment du pays dans la résistance annoncée à l’État Islamique sous les couleurs renaissantes : “Bleu, Blanc, Rouge” ! Evolution symbolique telle que François Hollande se dispense désormais de marqueurs de gauche : les mots-clés “école”, “laïcité”, “intégration”, ne figurent pas dans le discours au Congrès de Versailles ; de plus, les mots “éducation”, “fraternité”, “prévention”, n’ont pas été prononcés. Mais c’est le “chef des armées” qui s’exprime : on dénombre pas moins de 15 occurrences de “guerre”, 11 “d’État”, 10 de “sécurité”, 8 de “force”, et le plus utilisé bien sûr est celui de “terrorisme” à 36 reprises tout en se gardant bien de prononcer les mots “Islam” ou “musulmans”. Des questions restent pendantes sur la treille de l’espalier des moments à venir : combien de temps durera l’État d’urgence ? Y aura-t-il vraiment une révision de la Constitution ? La journée d’hommage vendredi 27 novembre, ouvrira-t-elle d’autres portes à un pays meurtri mais ayant retrouvé ses couleurs : bleu, blanc, rouge !

 

 


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