Philippe Bapt
Philippe
Bapt
Quelque part au fond à gauche...

La faim des partis ?

À peine sortis des scrutins grecs et du Doubs que pléthore d’analystes “politologisticiens” de bar prévoient le seul nouveau clivage possible : plus de droite plus de gauche, juste les pour et anti système! À quand les bons contre les méchants ou mieux les gendarmes contre les voleurs? À défaut de bipartisme bien pratique pour les médias, une solution tranchée qui revient implicitement à cette partition manichéenne tant désirée. Car les scrutins de mars, décembre approchent et avec eux les appétits de chaque camp s’affirment. De chaque partition de camp devrais-je écrire. On appelle ça les tractations ou négociations. Seul le FN ne négocie pas, il fait des prises de guerre : de Sébastien Chenu à des élus marseillais UMP, d’un NPA jusqu’à Jean Roucas. Ça ratisse large dans les perdus de chaque parti, chez les troupiers à défaut d’être comiques. Bref, les autres partis passent des accords électoraux, quelquefois surprenants à l’approche de la date de dépôt des candidatures. Surprenants car des alliances ici peuvent amener à des candidatures opposées là. Le parti hégémonique ne supportant pas de partage. Il vaut mieux ici des sexagénaires, septuagénaires qui n’incarnent presque plus le présent et pas l’avenir plutôt que là de la jeunesse ou des quadras prêts à donner du temps. La soupe (pouvoir) est bonne et le partage (renouvellement) non (car dangereux)! Sans donner au grand jamais raison à ce professeur d’économie et gestion qui un soir, sur France2, dans l’émission «ce soir ou jamais », expliquait, selon lui, la gestion de la vie politique par une vassalité aux forces économiques, je préfère l’interview de Rama Yade sur le filtre avant présentation de candidats aux élections. La faim des partis est immense.

« La faim justifie les moyens »

Même le FN pour assouvir la sienne en 2011 et par la suite a présenté des grabataires ou des gens qui ignoraient être candidats. La faim justifie les moyens donc? Des intérêts particuliers aux intérêts communs, tout est question de faim. Mais la faim de quoi? Du pouvoir qui est dû lorsqu’on sort de la promotion” Voltaire”…”un tel”. Des dotations publiques plus sûrement. Mais alors les valeurs? Les idéaux? Les projets de vie? L’intérêt général? Des concepts qui sont devenus obsolètes? Non pas. On dit souvent qu’en sport, la France possède soixante millions de sélectionneurs, en politique nous n’avons pas de peur à avoir non plus. Même si la réflexion se mène de plus en plus hors structure partisane établie. Des think tank, des associations naissent et permettent un échange d’idées avec des convives issus de divers courants de pensées. De riches études viennent étayer ça et là des programmes politiques. Cela signifie-t-il la fin des partis classiques? Certainement pas. Podemos et Syriza sont des nouveaux modèles de partis politiques. Il est et sera toujours nécessaire d’être identifié lors des scrutins. Mais un grand et long chantier attend les partis politiques : à ceux-ci d’évoluer et de ne pas proposer qu’endogamie estudiantine et promotion d’intérêt. À ces partis d’avoir le courage de faire déguerpir les Dassault, Balkany, Guérini et j’en passe, quel que soit le “prix” à payer, de remettre de la déontologie dans la pratique démocratique et d’être à l’écoute pour savoir prendre en compte les (bonnes) idées des uns et des autres. Restaurer l’attractivité vis-à-vis des électeurs et ne pas les laisser, eux, sur leur faim. Sinon…..il ne faudra plus s’étonner de l’indigestion massive.


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