Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

La dictée républicaine

Alors que le débat persiste sur le front des réfugiés, que chacun s’interroge sur la prophétie de Régis Debray lorsqu’il faisait ‘’L’éloge des frontières’’, la médiatisation porte bien sur la rentrée littéraire ainsi que sur les “Goncourtables” mais surtout sur le retour de la dictée quotidienne à l’école, la fronde des maires et l’ambiance de pré-présidentielle croissante.

La dictée d’abord : retour aux fondamentaux pour le ministre de l’Education, retour à ce qui est annoncé comme une nécessité “indispensable” à la vie quotidienne, volonté ministérielle d’éviter toute agression de l’opposition sous couvert d’un éventuel laxisme ; voilà le “lire, écrire, compter” au cœur de l’école mais aussi, en cette précampagne présidentielle, le “lire, écrire, compter” de l’école… républicaine pour les candidats mais aussi pour le sortant qu’on nous annonce comme candidat naturel à sa propre succession, avec déjà Cazeneuve pronostiqué comme le prochain Premier ministre de Hollande. B. Cazeneuve n’est pas de ceux qui emmèneront F. Hollande vers une dérive liberticide : il prône l’application intransigeante de la loi par le règne paranoïaque du soupçon. Mais saura-t-il tirer une philosophie de l’ordre socialiste ? Excellent élève d’une dictée présidentielle dont le retour sous diverses formes pourrait mettre la pression sur un Valls fatigué. Notamment par la fronde des maires alors que le gouvernement a annoncé une baisse de 11 milliards d’euros, de 2015 à 2017, de ses contributions aux collectivités locales et que l’Association des Maires de France dénonce « le risque d’une chute de 30% des investissements communaux d’ici à 2017 ».

« Quand la contestation municipale gronde, tout est politiquement envisageable »

A gauche comme à droite, c’est la même révolte qui, derrière François Baroin, président de l’association, anime le plus. Quand la contestation municipale gronde, tout est politiquement envisageable au moment où Jacques Attali souligne que « notre époque ne veut pas voir l’avenir, que le triomphe de l’instant est un grand malheur de notre temps, lié à un bonheur, le triomphe de la liberté individuelle, qui autorise le changement d’avis permanent, la succession de décisions même en sens contraires ». Il ajoute : « Le marché et la démocratie cultivent la réversibilité illimitée des choix. La victoire de la liberté mène donc à la dictature de l’instant, néfaste ». Et de conclure, « la vraie philosophie de la vie en commun devrait-être ce que j’appelle “l’altruisme rationnel” : je fais le bien d’autrui parce que c’est dans mon intérêt ». Belle utopie ou encouragement à une nouvelle forme de “solidarisme”.

 

 

 


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