Philippe David
Philippe
David
L'esprit libre

La dictature de l’émotion…

L’image a fait le tour du monde. Cette image c’est celle d’un enfant mort, face contre sable, sur la plage de Bodrum en Turquie. Un enfant syrien de trois ans nommé Aylan Kurdi.

L’exploitation de cette image jusqu’à plus soif montre à quel point « le choc des photos », comme le dit la seconde partie du slogan d’un célèbre « newsmagazine », est une réalité.

Combiné au « poids des mots », pour citer la première partie du slogan du même organe de presse, le mélange devient aussi détonant qu’un explosif stable mélangé à un explosif instable…

Ainsi, ceux qui depuis la publication de cette photo affirment qu’on ne peut pas accueillir tous les « migrants », néologisme regroupant réfugiés politiques et économiques, sont au mieux traités de sans cœur, au pire accusés de racisme.

« Qu’a-t-on à offrir à ces « migrants » ? »

Pourtant, qu’a-t-on à offrir à ces « migrants » ? Le chômage qui frappe aujourd’hui six millions de français et d’étrangers en situation régulière.

On montre en exemple l’Allemagne, qui a évalué ses demandes d’asile au nombre de 800 000 cette année. Si au départ le gouvernement allemand ne voulait pas accueillir un tel nombre de personnes, il a revu sa copie sous la pression du grand patronat allemand. Celui-ci n’aura plus en effet à aller chercher des travailleurs détachés dans les pays de l’est pour travailler dans des abattoirs pour un salaire de 400€ par mois puisque la main d’œuvre bon marché sera désormais sur place (la démographie allemande étant une catastrophe depuis des décennies et ne permettant pas de remplacer les salariés partant à la retraite). Et qu’on ne nous ressorte pas le fameux « SMIC allemand », entré en vigueur le 1er janvier dernier, pour lequel le nombre d’exceptions, toujours sous la pression du patronat d’outre-Rhin, en a fait un simple coup de communication.

Les mêmes qui insultent ceux qui, comme celui qui écrit ces lignes, pensent que la France n’a pas les moyens d’accueillir qui que ce soit, se lamenteront demain lorsqu’un autre abattoir géant fermera les portes après Gad et Doux, tué par la main d’œuvre « low cost » venue désormais du Proche-Orient et enrichissant les capitalistes de Francfort ou de Berlin… Comme disait Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ».

La photo du petit Aylan, dont le navire ne quittait pas la Syrie mais la Turquie, pays qui n’est pas en guerre faut-il le rappeler, nous montre que nous vivons aujourd’hui sous la dictature de l’émotion.

 


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.