Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

La défiance croissante des électeurs

À quatorze mois des présidentielles, l’impopularité du président sortant épouse décidément presque idéalement les contours des crises qui donnent au paysage politique un aspect de plus en plus orageux. Dans le sillage, en quelque sorte du chef de l’État, les élus sont contestés, caricaturés, critiqués ; les non-élus se voient offrir des maroquins ministériels ; les électeurs sont désabusés et se demandent si l’ordre numérique ne va pas succéder à un ordre républicain moins messianique que réglementaire. Les partis politiques connaissent la baisse des adhésions, l’absence de renouvellement des élus, la défiance croissante des électeurs et pourtant concourent, pour le moment à l’expression des suffrages.

Nous sommes plus que jamais en pleine crise du politique. Elle est caractérisée par des mots érodés, aussi vieux que le système, mais qu’il faut rappeler, comme pour conforter les sondages qui ligotent le président en pleine dégringolade : méfiance, défiance, déconnexion, dégoût, désenchantement, discrédit.

Décidément, les années passent, les symptômes demeurent ; la politique et le politique sont saisis par le droit qu’il soit constitutionnel ou pénal ; les Français, à 90%, ne font plus confiance aux partis politiques, les accusent de tous les maux, les mettent tous dans le même sac loin de la République idéale.

« La démocratie décidément ne fonctionne pas bien »

Autant de raisons de penser que la démocratie décidément ne fonctionne pas bien : mais qui propose un autre mode de fonctionnement des partis politiques, qui souhaite un véritable renouvellement des idées qui permette soit l’union nationale dans la gouvernance soit l’opposition d’une gauche et d’une droite riches de leurs nouveaux programmes ? Qui croit en la renaissance du politique au moment où le populisme lepeniste veut faire oublier sa marque de fabrique pour tenter de l’emporter aux présidentielles. Bruno le Maire tire le signal d’alarme avant les primaires de novembre 2016 en nous adjurant de ne pas nous résigner. Gérard Grunberg souligne que « si les partis sont trop faibles, le pouvoir personnel ne sera pas loin » oubliant que ledit pouvoir est la marque de fabrique de notre “monarchie républicaine” depuis 1958.

La prochaine présidentielle intéressera les Français parce qu’ils sont un peuple très politisé, qui aime les joutes et autres débats, qui votent à cette élection-là d’autant plus qu’ils en attendent un changement. Notre crise n’est pas une crise “citoyenne”. Il y a une demande que l’offre politique ne rencontre pas. Aux hommes politiques, aux partis de proposer enfin les moyens d’arriver à une République existentielle !

 

 


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.