Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

La courbe du doute

Il y a d’abord, dans une actualité fournie et marquée notamment par la sommation de l’Europe à la France de revoir son budget (« Le projet est assez loin de l’objectif » selon le président de l’Eurogroupe, le ministre des Finances néerlandais Jeroen Dijsselbloem) et par les renoncements de François Hollande dans sa politique écologique (abandon de l’écotaxe et donc du principe « pollueur-payeur »), l’attribution du prix Nobel de littérature à Patrick Modiano, à l’œuvre souvent mystérieuse et crépusculaire en raison, selon le jury Nobel « de l’art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l’Occupation ». C’est peut-être là une réponse à tous les chroniqueurs du déclin (d’Éric Zemmour à Nicolas Baverez en passant par Giscard d’Estaing) et du « french bashing » qui, à tout moment, ne cessent de critiquer la France et sa politique, confondant l’impopularité du Président avec la bonne santé intellectuelle de ses penseurs, scientifiques et écrivains. Il faudra, un jour, sérieusement s’interroger sur cette faculté des Français à l’auto-flagellation et au départ du pays sur fond de caricature outrancière de la réalité quotidienne ou de référence à un mendéisme du pessimisme (Pierre Mendès-France rappelait « que les comptes en désordre sont la marque des nations qui s’abandonnent »). Il y a donc dans la décision de l’Académie suédoise « comme un pied de nez aux apôtres du déclinisme ». Même si le monde change, les pôles d’influence évoluent et la littérature française est loin d’avoir dissipé tous ses charmes !

 

« Sarko, Juppé et Fillon : les trois mousquetaires »

 

Comme la vie politique d’ailleurs avec la course à l’Élysée déjà lancée à droite deux ans et demi avant les présidentielles de 2017. Il y a trois candidats pour le moment et donc trois programmes avec une certaine ressemblance dans les propositions de réformes économiques. Les « trois mousquetaires » sont lancés dans une forme de surenchère libérale (baisse du coût du travail, suppression de l’impôt sur la fortune, non remplacement d’un fonctionnaire sur deux). Il y a donc consensus économique à droite. Ce qui veut dire que la primaire se jouera moins sur le débat d’idées que sur le profil du candidat (chacun appartenant à… la même famille de pensée). Il y aura donc, pour le moment, un ancien chef de l’État et deux anciens Premiers ministres (dont l’un, Alain Juppé, est soutenu par un ancien président, Jacques Chirac) en lice autour des mots et des postures de « rassemblement » (Sarkozy), « d’apaisement » (Juppé veut « rassurer ») et « d’incarnation de la radicalité » pour Fillon. Cette campagne est conduite sur fond d’un temps politique maîtrisé par un François Hollande qui a le pouvoir, constitutionnel et politique, et qui tente d’inverser « la courbe du doute » alors qu’il est en panne des résultats économiques et en chute dans les sondages, malgré l’optimisme (de commande ?) d’Emmanuel Macron, soulignant que « nous devons aller vite mais sans brutalité et en donnant du sens à notre action ». Il est temps !


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