Alex Lekouid
Alex
Lekouid
L comme Lekouid

La cité des miracles

Dans la nuit tout juste tombée, la pluie qui accompagne mes pas me remplit de désespoir. Je patiente sous un abri et observe le ballet des voitures sur la chaussée mouillée, comme si j’étais au ciné. La vitre embuée du bus qui me ramène sert d’écran à mes pensées obscurcies. La solitude est une prison qui conduit à l’échafaud; condamnée au tourment je serai bientôt coupée du monde entier. Voici mon arrêt, quelqu’un que je reconnais me fait signe devant chez moi ; je m’approche en séchant mes larmes, tandis qu’il vient en souriant “Je t’emmène à une soirée, prend vite de quoi te changer, j‘attends dans la voiture”. Transcendée par la joie je me hâte sans discuter, même si je ne sais plus d’où je le connais. Sur le long trajet il ravive les bons souvenirs et chantonne des airs que j’apprécie en riant. Puis il se gare sur un parking boueux, à l’arrière de ce qui semble être une forteresse. Là, une voiturette qui nous attendait nous fait traverser des petits chemins improbables, pour nous déposer au cœur d’une authentique cité médiévale. Subjuguée, je lève la tête sur un magnifique palace aux décors moyenâgeux. Un valet me guide vers une des chambres pour que je me prépare et m’indique comment rejoindre le restaurant où je suis attendue.

« Je suis au paradis, mais que je ne sais pas qui il est »

Un peu plus tard, je souris, émue, à mon ami qui se lève pour m’inviter à prendre place à sa table. Il est très élégant dans son costume bleu, ses cheveux blancs brillent étonnamment, son regard m’apaise et sa voix me rassure même si je n’arrive toujours pas à me rappeler son nom. Le sommelier nous verse du vin et remet du bois dans la cheminée qui s’enflamme en crépitant. Ce lieu divin et l’attention affectueuse que me manifeste mon hôte, me font renaître. Nous terminons notre grand cru au bar de la bibliothèque où il me montre une porte secrète recouverte de faux livres, c’est à s’y méprendre. Avec la complicité du barman, nous l’empruntons pour sortir marcher sur les pavés des rues pittoresques. Sous la haute surveillance des pigeons enfoncés dans les pierres d’un vieux mur creusé par le temps, je lui avoue que je suis au paradis, mais que je ne sais pas qui il est. Il s’arrête et me tend un petit écrin. Troublée, je l’ouvre et découvre une chaîne avec un pendentif en forme de goutte. Je le regarde interrogative et il me dit  “Je suis ton ange gardien et cette larme couverte d’éclats d’étoiles que je suspends à ton cou est mon message. Ca dit : Pour ne pas sombrer dans les ténèbres, il faut garder les yeux tournés vers la lumière…

 

 


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