La carotte et le maître-chien

Horreur ! Deux cents de nos ainés privés de « colis de Noël ». La faute, nous dit-on, à une association qui n’aurait pas rempli le bulletin idoine auprès de la Mairie. Le drame aurait fait tache au Busca. Il n’a fort heureusement eu lieu qu’au Mirail. Mais avouez que ce n’est quand même pas de veine : ça fait connoté, et ce n’était certainement l’intention de quiconque.

Inscrits ou pas, les SDF locaux n’auront pas de coffret-cadeau. Jadis, à Nice on leur offrait un aller simple en bus pour dégager à quelques dizaines de kilomètres de canicule du centre-ville. Et l’on en vient à se demander à quoi rêve Jean-Luc Moudenc. Un peu comme l’enfant qui, sortant du placard la boite où l’on enferme la crèche et les guirlandes, se ravit de redécouvrir les étincelles qui y sommeillaient, notre premier édile use des accents du neuf pour rechaper un concept qu’il avait étrenné alors qu’il était intéri-maire, en 2006 : « la marginalité agressive », autrement appelé « mendicité agressive ». Sorti de la naphtaline, ce zigouigoui à la syntaxe bancale, porte néanmoins dans sa sémantique tout ce qu’il convient de comprendre : « haro sur les gueux ».

Comme il se doit, c’est le baroudeur en chef et roi des apéros anti-prostitution qui se colle à la manœuvre : Olivier Arsac a en charge cette mission de pacification qui, nous dit-on, manie la carotte et le policier municipal. La carotte, c’est « une approche médico-sociale », dont on ne sait de qui elle sera composée. De l’adjoint au logement ? A la santé ? On ne saura rien de ce revêt l’idée de « prévention » qui est associée à ce plan de bataille. Le policier municipal en revanche, c’est dit, sera flanqué d’un maître-chien. Parce que s’il y a comme une impasse sur le premier volet, le second est clair : « répression ».

“C’était à Hénin-Beaumont, ville FN”

Olivier Arsac n’est pas genre à se laisser museler : dans le blog qu’il co-signait lors de la campagne municipale avec le Mouvement pour la France, il le revendique haut et fort : « le “bordel” gangrène tous les quartiers toulousains », se lamentait-il avant de co-vagir en grosses lettres bleues : « nous voulons de l’ordre à Toulouse ». Avec un point d’exclamation siouplait.

On ne saurait encourager ce Tarzan des associations de commerçants amis des trottoirs propres, à méditer sur la jurisprudence qui signale qu’un arrêté « anti-mendicité » a été retoqué par un tribunal administratif au motif qu’il était « ni nécessaire ni proportionné aux atteintes portées à la liberté d’aller et venir et à celle d’utiliser le domaine public ». Cet arrêté avait, lui aussi, été inspiré par des commerçants dont la bien-pensance n’avait hélas pas suffi à « démontrer, en l’absence de tout élément circonstancié, l’existence d’une mendicité agressive sur les espaces et voies publiques concernés ». C’était à Hénin-Beaumont, ville FN.

Et Bonnes Fêtes aux Toutou-lousains !


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