Alex Lekouid
Alex
Lekouid
L comme Lekouid

La beauté en cadeau

Je respire à fond et pousse doucement la porte entrouverte, puis j’avance lentement en observant autour de moi. Le luxueux décor baroque et la musique jazz pressante, donnent à ce lieu une ambiance années 50. Tu es là comme prévu ; allongée sur la soie blanche du grand lit et vêtue seulement de lingerie fine, tu es magnifique. Je m’approche fasciné par ta plastique et remarque un petit paquet posé sur ton nombril. Manifestement il sert d’appât, car c’est toi le cadeau. Je te regarde longuement, mes yeux sont comme des doigtsqui se posent partout sur toi. De plus prés, je détaille tes dessous qui mettent en valeurs tes courbes et tes creux. Ma gorge est sèche et mes vêtements me gênent ; troublé, je n’arrive pas à contrôler mes sentiments. Après t’avoir étudiée des pieds au sommet de ta beauté, je m’allonge à côté de toi et me mets dans ton champ de vision. Tes grands yeux verts fixent le miroir au plafond, sur lequel se reflète notre image immobile. Le noir charbon de tes cheveux étalés augmente les contrastes de ton visage parfaitement maquillé. Tes lèvres de poupée roses bonbon réveillent l’enfant en moi ; je n’ai jamais été plus vulnérable que maintenant. Tu es pure, noble et si parfaite, tu me fais penser à un personnage de cire sublimant la réalité. Plus je nous contemple dans la glace et plus je te trouve belle ; je ne m’attendais pas à un si beau cadeau pour mon anniversaire. À présent je caresse ton long cou, je meurs d’envie de l’embraser. Je poursuis en regardant tes mains, tout en me délectant de ton parfum délicat et de ce moment de grâce. Je soulève le petit présent de ton ventre pour tenter de deviner son contenu, mais il parait vide et le fond est troué. Je pose ma tète un instant sur ta poitrine, comme  pour faire une trêve avec mon désir de toi. Les paupières closes, entre réflexion et délire, il me semble t’entendre crier, ce qui me pousse à me redresser.

« Je profite de mon élan »

Je profite de mon élan pour arrêter le vieux tourne-disque sur la table de nuit et trouve un mot posé à coté : Attends que je sois là mon amour. J’ouvre la fenêtre, regarde l’avenue et ses environs, quand la porte s’ouvre : Bonjour inspecteur, tout le monde est là comme vous l’avez demandé. Au pied du lit, sans quitter la belle inconnue du regard, je commence mon topo : d’après les témoignages, aucun bruit suspect n’a été remarqué dans l’hôtel. Nous sommes au douzième étage et l’accès par la fenêtre est peu probable. Les légères rougeurs sur son cou ressemblent à une morsure arachnide. Ses sous-vêtements sont neufs, elle n’a pas eu, a priori de relations sexuelles et ses mains n’ont aucune marque de défense. D’après moi, la victime attendait une personne pour fêter un heureux événement, mais elle n’est pas venue. On a dû lui livrer l’arme du crime, le cadeau ! Elle a déballé le colis, lu le mot qui lui demandait de ne pas ouvrir, ensuite la boîte sur le ventre, elle s’est assoupie ; l’araignée est sortie par l’ouverture libérée, située dessous et l’a mordue au cou dans son sommeil. C’est la cinquième victime en trois mois, avec le même mode opératoire : je voudrais mourir un moment pour lui parler et qu’elle me dise qui est ce déséquilibré. Bon, vous me trouvez des empreintes et récupérez les vidéos de surveillance, je veux l’identité de ce livreur. Pour moi la fête est terminée, je vais finir ma nuit. On se voit demain à l’autopsie…

 


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