Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Je suis Charlie … Plus que jamais

 

 

Il y a eu dans notre longue histoire des événements qui ont profondément marqué la France. Nous venons tous de vivre l’un de ceux-ci, le 7 et le 8 janvier derniers : deux prises d’otages, l’assassinat de presque toute l’équipe éditoriale de Charlie Hebdo  et celui de quatre clients juifs du supermarché Kascher de Vincennes. Sans oublier la mort de trois policiers. Dix-sept morts en ces deux sinistres journées. Une émotion considérable, mais aussi une colère sourde qui a pris la forme d’une « marche républicaine » ayant réuni samedi et dimanche des millions de personnes dans un sursaut républicain montrant que le Peuple de France (pourtant désenchanté par la politique, s’abstenant aux élections et défiant à l’égard de son président) sait être présent non seulement pour rendre hommage, mais pour dire en masse, avec ses slogans « Je suis Charlie » et « Ensemble », sa confiance dans les valeurs républicaines constitutionnalisées de Liberté, d’Égalité, de Fraternité et de Laïcité. La rue Nicolas Appert a connu, à sa manière, un « crime contre l’humanité ». Certains ont d’ailleurs dit de ce 7 Janvier 2015 qu’il était notre « 11 Septembre ». La mort des dessinateurs, du cœur ardent, créateur et provocateur de Charlie Hebdo  symbolise la disparition de gardiens du temple républicain. Nous venons de vivre « une attaque frontale contre la démocratie » (Nicolas Baverez) visant « le symbole par excellence de la liberté de la presse.» Nous venons de vivre curieusement pour Michel Onfray le roman futuriste de Michel Houellebecq (« Soumission ») qui se déroule dans une France islamisée après un second mandat de F. Hollande (l’auteur a d’ailleurs, en signe d’amitié pour l’économiste B. Maris, son ami et ses confrères, arrêté la promotion de son ouvrage …).

« Hollande joue dans cette épreuve son nom dans l’Histoire »

Pour Michel Onfray, Hollande joue dans cette épreuve « son nom dans l’Histoire ». Quels que soient les sondages à venir, il a su entrer, dans ces moments forts et difficiles, dans le costume du Président gaullien répondant à l’adage du général : « Il faut, à la France, un Chef qui en soit un ». Le plus impopulaire des présidents de la Vème République a su s’imposer face au drame, à l’inquiétude que suscite la guerre que veut l’islamisme radical. Pour Robert Redeker (qui avait fait l’objet d’une fatwa il y a plusieurs années) les journalistes de Charlie sont morts « pour une certaine idée de la France. Pour cette France, pays de la liberté d’expression, de l’intelligence brillante et pétillante.» Pour Jean Delumeau « nous nous trouvons avec l’extrémisme musulman devant une régression de civilisation dans nombre de pays », au contraire d’André Glucksmann pour qui, il « s’agit d’un choc entre la civilisation et la barbarie, et donc qu’il faut s’attaquer au mal au sein de l’Islam et non à l’Islam dans son ensemble. » Pour Claude Lanzmann « ce qui vient de se passer se passera à nouveau et peut-être de plus en plus … Nous sommes dans le paradoxe d’une société qui cherche à éviter la mort, faire comme si elle n’existait pas. Or, ces terroristes nous rappellent brutalement son existence. La mort est là. » Demain, la Vème République aura vite à faire face à de redoutables défis. Les marches républicaines doivent déboucher sur une vraie mobilisation républicaine.

 

 


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