Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Ira, ira pas ?

La politique, c’est le sens du « moment opportun » écrivait Tocqueville. C’est à cet instinct qu’on distingue l’homme politique qui réussit à celui qui échoue ; c’est toujours à l’aune de l’utilisation de la bonne formule au bon moment, de la bonne image au bon instant qu’on doit rechercher les clés du bornage du champ politique ; c’est aussi le plus souvent quand on doit semer le doute par une petite phrase bien isolée qu’on agite le corps politique.

Et bien, cette petite phrase est venue le 19 février de François Hollande, à propos de son éventuelle candidature en 2017 : « Je peux ne pas être candidat, je peux être candidat ». On a l’impression d’un truisme, d’une évidence pour faire jaser dans le landernau politique alors qu’un éventuel renoncement pourrait être justifié par une accumulation de vicissitudes accumulées entre déchéance de nationalité et réforme du Code du travail, la faiblesse politique du président et sa cote de défiance et d’impopularité, les chiffres du chômage.

« Je peux ne pas être candidat, je peux être candidat »

La petite phrase présidentielle prend donc un nouveau sens, la question n’étant plus de savoir si Hollande voudra se présenter mais s’il le pourra. Voilà donc la boîte de Pandore largement ouverte avec l’hypothèse Manuel Valls, le réveil de Martine Aubry, les “coming out” d’Emmanuel Macron en couverture de tous les médias, l’agitation de Benoit Hamon et Arnaud Montebourg.

Alors d’autres questions fusent pour provoquer l’avenir : F. Hollande est-il capable de renoncer, de ne pas exercer sa responsabilité politique en se représentant ? Ira-t-il au bout à tout prix ? A-t-il envie d’endosser le costume de fossoyeur du parti et des siens ? Vaut-il mieux, comme le soulignent certains chroniqueurs, risquer d’être le premier des présidents sortants sorti au premier tour ou le premier à n’avoir pas été en mesure de concourir à nouveau ? Ou, F. Hollande laisse-t-il volontairement le champ politique envahi par la pluralité tenace des hypothèses pour pratiquer le doute tactique ? Mieux, les doutes tactiques qui finissent par constituer une véritable stratégie, chaque doute étant l’un des petits joints de “l’impressionnisme” hollandais qu’il faudra interpréter en se reculant à la fin 2016 pour mieux comprendre la décision du président sortant.

Reste à savoir si, d’ici là, plusieurs planètes seront alignées : la situation de l’emploi, les courbes sondagières, le résultat de la primaire à droite. Reste l’événement inattendu qui suscite émotion, compassion et irrationalité parce que la raison est touchée. Oui, rien n’est jamais écrit pour une présidentielle.

 

 

 


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