Thomas Simonian
Thomas
Simonian

Inquiétant, non ?

Les bonnets rouges ont envahi la Bretagne avec parfois des comportements spectaculaires… Mais ce qui est frappant dans ce mini-soulèvement breton, c’est qu’il est étrangement pluriel. Agriculteurs, salariés, chômeurs et même patrons sont ensemble dans la rue. Du presque jamais vu. Une alliance qui surprend autant qu’elle inquiète, car elle révèle bien l’état du pays. Les nerfs commencent à lâcher ; les agriculteurs veulent décapiter le supposé ogre européen, les précaires s’imaginent dans une voie sans issue, les chômeurs semblent perdus et les patrons ressentent négativement une hyper-taxation qu’ils jugent indécente… Oui l’état psychologique des Bretons n’est que le révélateur de celui des Français en général,  comme si le lendemain faisait peur à tous. Comme s’il était temps de crier sa douleur… La rue est en colère, et même les lycéens, pourtant plutôt discrets ces derniers mois y vont de leur contestation, utilisant sans aucun doute l’affaire Léonarda comme la métaphore d’un mal-être bien plus profond. Le danger est donc là, dans une montée générale de la grogne, dans cette défiance qui croît envers le pouvoir en général, et pas uniquement envers l’Elysée. Plus personne ne semble déceler le cap qui guide l’exécutif, mais plus personne non plus ne semble comprendre la posture des opposants. Plus personne ne semble croire en des horizons nouveaux… Comment rectifier le tir ? Non pas en remaniant un gouvernement dont de toute façon nous ne connaissons en réalité que quelques ministres, non pas en dissolvant l’assemblée nationale et ainsi ajouter de la confusion à la confusion, mais en menant des politiques audacieuses qui sortent enfin du train-train en vigueur depuis plus de trente ans. Il est sans doute temps que le courage politique soit de rigueur. Que l’on ne fasse pas fi de la réalité… Nos politiques mènent les affaires avec cette volonté perpétuelle de se faire réélire. Nous ne leur demandons pourtant que de nous en sortir…

 

Thomas Simonian


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.