Marianne Meyzen
Marianne
Meyzen
Membre du bureau de l'UDI 31

« In varietate concordia », une devise oubliée

14 juillet 2014. La France a convié les représentants de près de 80 nations au défilé ouvrant les commémorations de la Première Guerre Mondiale. Un siècle après le début de la « Der des Der » la carte du monde n’est plus la même ; certains conflits ont changé de nature. Si la pax europaea protège désormais les pays membres de l’UE, une guerre d’un autre genre s’étend à l’échelle planétaire depuis plus de 20 ans.

La gangrène d’une barbarie hégémonique

Aux anarchistes sans Dieu ni maître, rebelles à l’ordre établi, s’est ajoutée la nébuleuse djihadiste, asservissant les populations civiles dans un carcan idéologique délirant, jouant de la fragilité des Etats.  L’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) s’implante en Syrie pendant des mois et, à l’été 2014, décrète le califat sur le Nord de l’Irak en jetant sur les routes des dizaines de milliers de personnes fuyant les massacres, prévisibles depuis des semaines. La France obtient de l’UE une réunion en urgence le 15 août, laquelle débouchera sur la livraison de vivres et d’armes aux combattants kurdes, par Paris, Londres, Rome et Berlin, appuyée par une résolution de l’ONU ce même jour. L’assassinat du journaliste James Foley qui s’ensuivra en Syrie sera l’effroyable message adressé par l’EIIL  au monde entier.

Passer des discours aux actes politiques, conformément aux engagements du Traité de Lisbonne

L’actuel locataire du Quai d’Orsay Laurent Fabius et son prédécesseur Bernard Kouchner se sont indignés du peu de réactivité de Catherine Ashton, Chef de la diplomatie européenne depuis cinq ans. François Fillon, ancien Premier Ministre, a qualifié d’« inacceptable » la position de l’Allemagne en matière de Défense européenne. La situation fut pourtant similaire lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy, marqué par la réintégration de la France au sein du commandement intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et son intervention en Libye. « Soucieuse qu’il n’y ait pas de zone de non-droit aux portes de l’Europe mais en s’engageant seule comme au Mali, la France paie le prix du sang tout en supportant le coût des opérations extérieures. La création d’un fonds européen, proposée par l’UDI, serait une première étape de mutualisation des moyens permettant à terme d’avoir une politique de Défense effective » explique Philippe Folliot, député UDI du Tarn et spécialiste des questions de Défense. Il semble que nous en soyons loin pour l’instant, malgré l’expérience tirée du chaos syrien depuis plus de 3 ans, qui a permis à l’EIIL d’y prospérer jusqu’en Irak.  François Hollande a proposé la tenue d’une conférence « sur la sécurité en Irak et la lutte contre l’Etat islamique » dans une interview accordée au journal Le Monde, le 20 août dernier.  Et ensuite ? La France ne peut plus se contenter de déclarations d’intentions et de constats d’impuissance face à des partenaires européens qui ne s’entendent ni ne s’engagent. Une Union Européenne en ordre de marche, dotée d’une stratégie incluant des coopérations internationales reste évidemment la meilleure réponse pour lutter contre un Etat islamique structuré, disposant de près de 20 000 combattants et de financements estimés à plus de 2 milliards de dollars. Un volontarisme affirmé pour obtenir de l’Europe l’élaboration d’une diplomatie et d’une défense communes à long terme est indispensable. Les 28 se sont engagés à respecter  des règles qu’ils ont ratifiées, dont l’ensemble des missions relevant de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) prévues au Traité de Lisbonne : prévention, forces de combat, conseil et assistance, opérations de stabilisation à la fin des conflits… « Ce que Paris conseille, l’Europe le médite ; ce que Paris commence, l’Europe le continue » ; Victor Hugo inspirera-t-il Paris pour obtenir de ses partenaires qu’ils dotent enfin les institutions européennes  des moyens matériels et financiers répondant aux enjeux internationaux ? La France fut, après-guerre, l’un des artisans de l’idée d’unification européenne. Se comporter en acteur majeur de sa concrétisation, c’est revenir à sa genèse tout en étant pleinement ancré dans le XXIe siècle. C’est demander l’application d’une devise commune : « Unie dans la diversité ».

 


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