Rémi Vincent
Rémi
Vincent
Militant du Front de Gauche - élu de Colomiers

Il faut montrer du doigt les responsables, les acteurs

Depuis le Congrès du Parti de gauche à Bordeaux, suite auquel avait éclaté une polémique quant à l’utilisation du terme « salopards » par François Delapierre, désignant les membres de l’Eurogroupe ayant décidé dans l’indifférence générale le blocus de Chypre par la suspension des opérations de retraits, l’actualité nous donne de nouveaux arguments.

 

Les aveux de Jérôme Cahuzac sont un coup de tonnerre. Cela fait un « salopard » de plus. Il était l’artisan de l’austérité, en tant que ministre du Budget, et ne cessait jour après jour de nous dire avec une mine faussement marquée d’empathie, qu’il faudrait se serrer la ceinture, partager les efforts, et redresser nos trains de vie qui étaient irresponsables de frivolité et de gaspillage.

 

Il était en première ligne, dans son joli costume de « Père fouettard » de la rigueur, nous expliquant avec des chiffres compliqués et des théories économiques pourtant éculées, qu’il y aurait des économies à faire partout, pour tous, mais sans trop toucher aux plus hauts revenus, « car sinon ils quitteraient le pays. »

 

Il a causé tant de mal au pays, par les plans d’austérité, et maintenant il demande pardon d’avoir caché et fraudé sur 600.000€ ? Du balai !

 

Les individus. Ils sont conscients, ils savent ce qu’ils font. Ils parlent, s’engagent, argumentent, se battent, changent d’avis, re-changent d’avis, pour enfin prendre des décisions. Toutes ces personnes sont des décideurs, des acteurs des politiques mises en œuvre. Si le capitalisme est un système, il reste un système mis en place et entretenu par des êtres humains. Ce n’est pas la pluie, la foudre, la grêle ou la tempête. Il n’est pas naturel. Il est à l’œuvre car il sert d’abord des intérêts matériels, pour ensuite se légitimer par toutes sortes de stratagèmes idéologiques et propagandistes.

 

Bien que nous ayons une analyse systémique et structuraliste de la situation (c’est l’organisation de la société qui est en cause, ce sont les structures économiques qui produisent ces désordres), il nous semble important de donner des noms, de pointer du doigt les individus.

 

Nommer les « salopards » ou, si l’on préfère, les « responsables de toutes ces politiques odieuses », c’est replacer la lutte contre le système dans une perspective matérielle et concrète. C’est faire apparaître l’adversaire, le responsable, pour le combattre, plutôt que de bêler des incantations incompréhensibles contre des idées et des principes généraux.

 

Nous pensons que la situation va se tendre. Que tout cela va s’écrouler. Le monde ne sera plus jamais comme il était avant, et il pourrait bien être pire. Nous ne sommes pas certains d’être le recours que choisira l’Histoire, car les fascistes ont une longueur d’avance. Mais nous proposons notre projet de société –l’écosocialisme- avec une méthodologie –la révolution citoyenne et la 6e République.

 

La première étape était de se débarrasser du plus efficace de nos ennemis : la droite « parlementaire». La formidable dynamique du Front de gauche et les outrances du sarkozysme l’ont permis.

 

La seconde est de se positionner en alternative à gauche, quand le gouvernement PS/EELV aura montré aux yeux de tous son incapacité à réguler le capitalisme financier. C’est dans cette phase que nous sommes. Et dans cette phase, il est important de montrer du doigt les acteurs et décideurs de tout cela. Ainsi que ceux qui leur servent la soupe.

 

On pourrait alors commencer à dresser une liste : Moscovici, Apathie, Parisot, Quatremer, Cahuzac, Sapin, Pujadas, Ghosn, Barroso, Draghi, Gallois…

 

 Rémi Vincent


UN COMMENTAIRE SUR Il faut montrer du doigt les responsables, les acteurs

  1. Patrick AUBIN dit :

    C’est quand on commence à désigner des boucs émissaires que l’on entre dans le totalitarisme au lieu de se battre sur les idées. Le front de gauche démontré une nouvelle fois par cet article, ses vrais valeurs et que le goulag est bien destiné à ceux qui ne pensent pas la même chose. Front de gauche et front national partage la même idée du monde : la haine de celui qui est différent.

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