Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Hollande, le président-candidat

Alors que le Ministre du Travail vient d’annoncer que, s’il redevient Maire de Dijon il quitterait le gouvernement, il s’agit de le remplacer, donc obliger le président Hollande à précipiter des choix qu’il aurait sans doute préféré différer. Plusieurs profils sont envisageables : 1/ Choix de la tranquillité avec Stephane le Foll exfiltré du ministère de l’Agriculture où il est très impopulaire, 2/ Nommer une personnalité du Front de Gauche Marc Germain illustrant l’infléchissement de la politique économique, 3/ Rappeler un écologiste au gouvernement permettant ainsi d’esquisser une dynamique de rapprochement de l’autre gauche dans l’optique des présidentielles qui approchent et mobilisent déjà le “président-Candidat” dont la rentrée 2015 se fera, selon un proche du Chef de l’Etat, « dans un contexte très différent de 2014 », avec un gouvernement « plus resserré, plus efficace” avec “une nouvelle crédibilité dans la fonction » due au rôle joué par le chef de l’Etat lors des crises grecques et ukrainiennes.

« François Hollande tente de jouer au Mitterrand de 1988 »

L’agenda du président est bel et bien calé : aller-retour à Ismailia le 6 août pour l’inauguration d’une nouvelle voie du Canal de Suez, reprise le 19 août avec le Conseil des Ministres après une dizaine de jours déjà soulignés par les “paparazzi”. Puis le 25 août sera l’occasion du discours devant “la Conférence des Ambassadeurs” faisant de l’Europe un sujet majeur de la rentrée dont il se veut d’autant plus un acteur que l’avancée est lente aux yeux de l’opinion publique. Il poursuivra sa volonté de “reconsolidation” du président avec l’Assemblée générale de l’ONU à New-York les 25 et 26 septembre, après avoir lancé la cérémonie de la “COP21″ (conférence prévue sur le climat du 30 novembre au 11 décembre à Paris). Ce lancement sera aussi celui de la campagne du président-candidat, au-delà des “bisbilles” Ségolène Royal-Laurent Fabius et une manière habile d’interférer sur des Régionales qui montrent la gauche sortante en difficulté avant le scrutin. A l’Elysée on résume ainsi les grandes lignes de la nouvelle “story telling” que le président-candidat veut écrire : « En 2016 il parlera de la France, du vivre ensemble, de notre destin commun, de notre équilibre démocratique ». Déjà le 14 juillet 2015, le président utilisait le mot « patrie » en évoquant « l’âme française ». Après la cérémonie du Panthéon d’il y a peu, François Hollande laisse Péguy cohabiter avec Jaurès en tentant, dès maintenant, “de jouer au Mitterrand de 1988″ : « La France unie face à la menace, le président qui protège et qui apaise face à une droite qui attise les tensions ».

 

 


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