Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Hollande dans le Money time

Il est une expression dans l’univers sportif qui mérite d’être utilisée dans notre univers politique tant elle semble caractériser la situation dans laquelle se trouve le président Hollande aujourd’hui, après une prestation télévisée qui a attiré un nombre peu élevé de téléspectateurs, traduction du désenchantement vis-à-vis du politique, et après des sondages qui le poussent en dehors du champ politique, celui des présidentielles.

Cette expression, c’est ce que les sportifs appellent le “money-time” c’est-à-dire cette période brève mais décisive, en toute fin de partie, qui offre une ultime chance de renverser le destin. Ce rendez-vous avec la presse et un échantillon de Français sonnait comme le coup de gong d’une fin de partie et du “money-time” puisque le chef de l’État a rappelé qu’il « poursuivrait jusqu’au bout ».

Et l’Élysée de laisser entendre dans le murmure anonyme du “Château” que ce sont « les trois mois qui viennent qui sont importants pour remettre en perspective » l’action présidentielle. Trois mois en quelque sorte pour trancher sur la candidature ou la non-candidature !

« Un président lui aussi “en état d’urgence” »

Hollande, décidément un président lui aussi “en état d’urgence” par le simple jeu des combinatoires politiques, a trois objectifs qu’il doit accompagner au mieux pour réussir un retournement auquel peu des siens croient encore : rétablir ses sondages, reconstruire un message, réintroduire du clivage.

Pour les sondages, il faut que le président inverse aussi la courbe de défiance et d’impopularité pérenne qui provoque plus que le désenchantement mais le rejet, au point que les Français ne veulent pas à 80% qu’il se représente. Il lui appartient aussi de réintroduire du clivage qu’Emmanuel Macron tente de faire oublier, et d’affirmer dans son message, au gré des déplacements en Province, le fil conducteur qui a été le sien et non le flou des politiques menées.

Rien donc de régalien parmi les armes dont il dispose, rien de monarchique, mais toujours un mélange de radicalisme corrézien avec un zest de “Petit père Queuille” et de “Jacques Chirac”. C’est-à-dire : écoute, compréhension, argumentation. Au président de démontrer qu’il a “un fil conducteur”.

Mais tout cela manque pour l’instant de changement de rythme, de souffle, ce “deuxième souffle” qui fait gagner le “money-time” et transforme une course de fond en sprint sur les chemins les plus pentus et escarpés du quinquennat. Mais aujourd’hui, François Hollande n’a plus beaucoup de temps pour faire basculer l’opinion publique dans le sens de “son” histoire.

 

 

 


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