Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Hollande bashing

F.O Giesbert a lâché le mot, aussitôt repris par tous les chroniqueurs en parlant de «Hollande bashing» (dénigrement). Contre le Président de la République s’est instruit un procès en immobilisme, les «news magazine» de gauche taclant même le Président : «Hollande, secoue-toi il y a le feu !» (Marianne) ; «Sont-ils si nuls ?» s’interroge en couverture le Nouvel Observateur ; «On se réveille ?» (Le Point) ; «Et si Sarkozy avait eu raison ?» (L’Express). Argument de vente (Le Point est passé de 85 000 exemplaires vendus à 115 000 ; L’Express de 75 000 à 95 000) c’est aussi la conséquence d’un trou d’air politique par un Président élu sans être encore en exercice au point de faire dire à François Bayrou que le quinquennat commençait avec l’intervention sur TF1 le 9 septembre ; au point de conduire le philosophe Marcel Gauchet à un certain nombre de constats et de réflexions permettant de mieux comprendre le «Hollandisme» : 1) «Hollande est victime d’un phénomène médiatique ; les faiseurs de roi sont aussi les défaiseurs… F. Hollande était le candidat des médias mais, une fois installé à l’Elysée, il les a déçus et il devient leur cible» ; 2) «La gesticulation de Nicolas Sarkozy ne convainquait personne mais l’attentisme de F. Hollande est d’une certaine manière pire parce qu’il n’est pas en phase avec l’anxiété de la société française ; c’est le phénomène fondamental de cette rentrée» ; 3) «Nicolas Sarkozy avait la direction mais pas la méthode alors que François Hollande sait faire mais n’a pas de cap… On ne sait pas où il va (il a d’ailleurs tenté dimanche soir de prouver le contraire à l’occasion de sa causerie télévisée) ; 4) Il est déjà hyper-président, il s’est lui-même piégé en restant prisonnier du moule institutionnel créé par Sarkozy ; de plus, «il a nommé un Premier ministre qui n’est pas un leader politique national» et «le gouvernement est composé de personnalités politiques trop faibles» ; 5) «En démocratie les moyens nécessaires pour gagner ne sont pas ceux qui sont indispensables pour gouverner… Le «Président normal», c’est un bon thème de campagne… mais ce n’est pas un bon levier de gouvernement». Et le philosophe-historien de conclure : «A un moment, il faudra affronter la dure vérité de la situation et cela ne tournera pas forcément à son désavantage». Dans le même numéro du journal Le Monde (9-10 Septembre) François Hollande semblait déjà rôder quelques-uns de ses thèmes favoris : 1) «La chronologie des Français ne correspond pas à celle de l’action gouvernementale» ; 2) Nicolas Sarkozy a été rejeté par les Français mais il a laissé entre- eux et le pouvoir exécutif une relation passionnelle. Il a imposé l’habitude d’une réactivité maximale, ancré l’idée du «Je parle, donc je gouverne», du «j’annonce, donc je décide. Je dois revenir sur tout cela». 3) «Il me revient de façonner une conception nouvelle de la Présidence de la République ; 4) «Si je suis lointain, on dit «Il est hautain». Si je suis réactif, on dit «il fait du Sarkozy». Si je prône le compromis, on dit «il est hésitant». A-t-il dimanche soir conforté son propre constat et répondu à l’analyse originale de Marcel Gauchet. Les premières leçons sont les suivantes au moment où le Chef de l’Etat connaît 59% de mécontentes mais où 78% accepteraient qu’il revienne sur certains de ses engagements de campagne ; et où l’homme le plus riche de France, Bernard Arnault veut… devenir Belge tout en assurant ne pas vouloir devenir un exilé fiscal : 1) Le Chef de l’Etat a insisté à plusieurs reprises sur l’agenda du redressement 2014 ; 2) Sur un budget 2013 avec une croissance retenue de 0,8% ; 3) Rappelant qu’il a fixé un cap, celui permettant «la construction d’une économie solidaire». François Hollande a rappelé qu’il ne voulait d’une «Présidence d’action et de mouvement» et «qu’il était en première ligne»… Comme tous les Présidents de la V° République !

 

Stéphane Baumont

 


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