Rémi Vincent
Rémi
Vincent
Militant du Front de Gauche - élu de Colomiers

« Hollande a enlevé au pays le goût de l’avenir. »

Quel gâchis ! Avoir sorti la droite « extrême-droitisée » pour faire ça ! Jean-Luc Mélenchon a raison quand il dit qu’ « Hollande a enlevé au pays le goût de l’avenir. » Il suffit de se souvenir quelles souffrances l’UMP et Nicolas Sarkozy ont fait subir aux travailleurs, aux précaires, aux « français-pas-de-souche », pour mesurer quel espoir il y avait dans le cœur de milliers de compatriotes, au moment de la victoire de François Hollande et des solfériniens.

 

Bien sûr, au Front de gauche, nous ne nous attendions pas à voir nos propositions appliquées. Après tout, « seulement » quatre millions de citoyens avaient porté leurs suffrages sur le candidat commun, Jean-Luc Mélenchon. Mais en ayant fait la différence au second tour (aurait-on battu Sarkozy si nous n’avions pas appelé à glisser un bulletin de vote Hollande ?) nous avions quelques attentes légitimes.

 

Nous pensions pouvoir obtenir l’amnistie pour les syndicalistes et militants condamnés dans le cadre de la défense de leur gagne-pain ou dans le cadre de luttes pour l’intérêt général. Ca ne coûte pas un euro à l’Etat. Bruxelles n’aurait rien dit. Pas de crainte à avoir pour ces trouillards donc ! Mais non ! Pas d’amnistie, malgré les promesses.

 

Nous ne pensions pas qu’ils iraient si loin dans la précarisation de l’emploi. L’ANI va faire des ravages. C’est un alignement sur toutes les politiques libérales classiques qui assument le postulat selon lequel il faut faciliter la vie des entreprises pour créer de l’emploi. Même s’il faut pour cela précariser encore les travailleurs et réduire les rentrées fiscales de la puissance publique.

 

Nous ne pensions pas qu’ils iraient si loin dans la continuation des contre-réformes des retraites précédentes. La caisse est vide ? Demandons davantage au peu de cotisants qu’il reste ! Les travailleurs travailleront plus ! Mais cela ne marchera jamais, car pour remplir la caisse des retraites, il faut augmenter l’assiette des cotisations : le nombre de travailleurs et leurs niveaux de salaire.

 

Mais si nous avions imaginé de tels reculs, nous avions un petit espoir de voir des militants socialistes sortir des rangs. Je sais, ça bouge. Je sais, certains commencent à hausser le ton. Tant mieux. Continuez camarades.

 

Le peuple de gauche a porté ses suffrages sur un candidat qui apparaissait comme un tel espoir après le cauchemar sarkozien, que sa déception pourrait se porter sur les deux pires ennemis de la démocratie et de la République : l’extrême-droite et l’abstention. Ou la gauche, le cœur de la gauche, le Front de gauche.

 

Arrêtons le cauchemar européen, arrêtons l’illusion de la sortie de crise par l’austérité !

 

François Hollande se dit « de gauche », accordons-lui cette étiquette qui est, finalement, très subjective, comme toute composante d’identité personnelle. Mais ce qui est certain et objectif, c’est que la politique menée par le gouvernement n’est pas de gauche. Être de gauche, ce n’est pas déclarer qu’on est contre la droite.

 

Être de gauche, c’est transformer les structures de production et d’échange dans le but d’assurer l’émancipation des travailleurs et de poursuivre l’intérêt général de tous les citoyens.

 

Le président, votre candidat, a enlevé au pays le goût de l’avenir car après avoir battu le candidat de la droite, il continue, à quelques nuances près, sa politique. Quand « droite et gauche se valent », et que ses conditions de vie ne s’améliorent pas sous un gouvernement de gauche, comment s’étonner que le peuple se détourne de vous ?

 

Désormais, vous ne représenterez plus cet espoir de progrès et de vie meilleure. C’est à notre tour, nous qui n’avons crainte de froisser les marchés financiers. Nous qui n’avons crainte d’affronter Bruxelles. Nous dont la main ne tremblera quand il faudra augmenter les salaires, protéger notre industrie, redéployer les services publics partout, sortir du nucléaire et des énergies carbonées, investir dans l’économie de la mer, changer de République.

 

Rémi Vincent  (secrétaire départemental du Parti de Gauche)

Découvrez son blog : www.remivincent.fr

 

 

 


2 COMMENTAIRES SUR « Hollande a enlevé au pays le goût de l’avenir. »

  1. Patrick AUBIN dit :

    “Nous pensions pouvoir obtenir l’amnistie pour les syndicalistes et militants condamnés dans le cadre de la défense de leur gagne-pain ou dans le cadre de luttes pour l’intérêt général.” : Formidable tour de passe-passe de communication où dans la même phrase on est capable de mélanger “intérêts personnels” et “intérêt général” et de faire prendre des voyous pour des victimes.

    L’économie n’a rien d’immuable et il n’est pas possible de reproduire tous les jours les mêmes succès et heureusement les mêmes échecs. Le plus important dans le domaine économique, c’est le consommateur, c’est à dire le citoyen, tout citoyen.

    L’intérêt général, c’est de permettre que l’économie offre des produits et services de plus en plus accessibles à tous, et donc que les prix baissent. L’intérêt général n’a jamais été de préserver le moindre emploi car en démocratie, c’est à chaque citoyen de décider. Quand il achète librement et volontairement un produit, il fait un choix démocratique qu’il faut accepter. Si le produit/service est cher ou/et mauvais, il est normal que les salariés des entreprises en subissent les conséquences… à eux de se remettre en cause et de se responsabiliser pour être compétitifs. Rien ne sert de casser : les citoyens consommateurs sont là pour rappeler que ce sont eux qui décident : pas des syndicats, ni des politiques et ni les lois liberticides.

  2. Patrick AUBIN dit :

    En ce qui concerne l’aspect politique, ce n’est pas en faisant plus de dépense publique comme préconisé par le front de gauche que le pays sortira de sa spirale infernale. Au contraire.

    Votre programme n’a aucune crédibilité car il est fondé sur le même processus qui conduit la France dans l’impasse : payer le fonctionnement de l’état et des collectivités locales avec un accroissement de dette.

    Et pour vous, la dette est souvent traitée comme une équation comptable. Il suffirait de monter les impôts pour retrouver l’équilibre. Ce discours ne fait plus illusion après quasiment quarante années de déficits ininterrompus. Le surendettement de l’État français mine la confiance des Français en leur pays et donc en l’avenir. Quand on lit votre titre, décidément, vous êtes incorrigible. A la manière des soviétiques, vous refusez de voir que votre simpliste solution de lutte des classes est révolu et appartient aux romans de Zola. La dette publique est une hérésie et a fait progressivement perdre au pouvoir politique la maîtrise des finances publiques. Cet environnement délétère décourage l’investissement privé, et donc l’emploi, et nourrit les populismes les plus exécrables, le votre comme celui de l’extrême droite, qui sont d’ailleurs très proche. Cette vidéo vous en donnera un aperçu…

    http://m.youtube.com/watch?v=mMbki-TbkF4

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.