Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

L’actualité est riche et variée en cette première semaine de février, marquée notamment par l’affaire de corruption qui touche la droite espagnole, la signature d’un accord entre Google et les éditeurs de presse, « l’enrichissement » de la langue française avec la naissance de deux verbes nés de patronymes de deux footballeurs faisant les belles heures du PSG (Beckham, Zlatane Ibrahimovic) – « Beckamer et Zlataner » (mais oui !), la relance de l’affaire Boulin trente ans après avec notamment l’intervention du gaulliste de gauche, Jean Charbonnel, le jugement de Charles Pasqua qui jure « qu’il n’était pas le roi du pétrole irakien ». Mais c’est la « guerre » au Mali et ses conséquences (extérieures comme intérieures) qui suscite interrogations et discussions, autant que le débat sur le « mariage pour tous », illustrant l’intérêt toujours suscité par les débats sociétaux (« Le mariage n’est pas un droit, c’est une institution » lance Guaino – l’ancienne plume de Nicolas Sarkozy – à Christine Taubira soulignant dans son discours d’ouverture : « Enfin le mariage devient une institution universelle »).

Le Mali d’abord ou plutôt déjà après sa visite « Chef de paix » laissant la coordination africaine tenir les positions récupérées par l’armée française accompagnées de journalistes, semblant condamnés au silence tant les images et les commentaires fondamentaux furent longs à attendre. Cela pose d’ailleurs un vrai problème de communication politique : le silence sur les opérations en cours avant leur plein succès est une ardente obligation des armées autant que la communication aux parlementaires une fois la guerre lancée ( ! ), F. Hollande n’est-il pas obligé de maintenir ses troupes, même s’il va ainsi au-delà de la résolution de l’ONU de Décembre 2012 afin d’éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets. Bamako est invité à mettre en place « un cadre de référence crédible » pour répondre aux préoccupations de longue date des populations du Nord. Les futures autorités maliennes y sont-elles prêtes ? Auront-elles un mandat de la Communauté internationale ? Disposeront-elles de la présence des forces françaises prêtes à réagir à une… contre-offensive des djihadistes qualifiés par Fabius de « terroristes criminels », par Le Drian de « guerre contre le terrorisme », de « guerre de civilisation » pour le Général de Maisonneuve quand le Président Hollande déclare qu’il faut « détruire les terroristes ». Le Mali, après la visite présidentielle (Hollande aussi doué que J. Chirac pour les bains de foule africaines !) reste une question majeure pour la sécurité du continent africain et de l’Europe. Là, une guerre de civilisation, ici, un débat de civilisation : « La crainte qu’on peut ici exprimer c’est précisément que deux parents de même sexe ne symbolisent à leurs yeux comme à ceux de leurs parents adoptifs (et plus encore de ceux qui seraient procréés à l’aide de matériaux biologiques) une dénégation de la limite que chacun des deux sexes est pour l’autre, limite que l’amour ne peut effacer » écrit Sylviane Agacinski rappelant ce qu’écrivait Claude Levi-Strauss : « Les liens biologiques sont le modèle sur lequel sont conçues les relations de parenté ». Des manifestations, des débats, des « disputations », des atmosphères passionnelles disent la vigueur du débat au moment même où il y a résignation du constat sur la situation de l’emploi même si le Président de la République a fait de son amélioration le combat central de son quinquennat. Alors reste la question posée par Gérard Courtois (Le Monde 30/01/2013) : « Quelle rupture anthropologique, quelle rupture de civilisation menace davantage la société française : quelques milliers de mariages gays demain ou l’avenir de 5 615 000 d’inscrits à Pôle Emploi fin 2012 ? »

 

Stéphane Baumont

 

 


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