Thomas Simonian
Thomas
Simonian

France un héritage difficile…

Quand on est loin de la table, il est facile de tout promettre, me disait souvent un vieux sage de mes amis. En pleine campagne présidentielle, François Hollande a tout promis en comptant probablement sur une reprise que bon nombre d’observateurs prétendus avertis nous certifiaient.  

Sauf qu’il est temps d’admettre que nous sommes arrivés un bout d’un cycle, d’une philosophie politique. Tous les fondements des valeurs qui font le vivre ensemble sont tout simplement à réapprendre. C’est un fait notoire, une majorité d’entre nous vit au-dessus de ses moyens et surtout, pour une bonne part, aux dépens de l’autre partie de la population. Et aujourd’hui il faudrait avoir le courage de dire stop. Stop à la gabegie, stop aux excès en tous genres et surtout aux statuts particuliers qui ici et là deviennent de plus en plus intolérables. Et même de remettre vraiment en question certains cumuls de mandats, certains privilèges, ces salaires exorbitants, qui sont d’un autre temps et le monde du sport ou de la politique ne sont d’ailleurs pas les seuls concernés. A ce propos, il est à se demander si certains n’ont pas, le don d’ubiquité, tant ils ont la facilité d’émarger partout et je pense là, à certains artistes, certains journalistes, producteurs à la télé etc. A contrario, il est agaçant aussi de présenter trop souvent notre administration comme le mouton noir de la dynamique France.

 

Un Etat en Faillite

 

En 2007, à peine arrivé à Matignon, François Fillon déclarait qu’il était à la tête d’un Etat en faillite. Alors, la dette publique française avoisinait les 1200 milliards d’euros. Aujourd’hui elle dépasse tout simplement les 1600 milliards. Mais que l’on se rassure : de l’Elysée au FMI, tout est parfaitement sous contrôle.

Sauf que le mal est là et que rien ne semble fait pour arrêter l’hémorragie. A titre d’exemple, que dire de l’application des 35 heures et de la fameuse RTT qui n’ont jamais été une solution pour l’emploi. Si ce n’est qu’en additionnant effets directs et indirects et en cumulant les intérêts générés depuis 1999, l’impact total des 35 heures sur la dette est estimé à près de 200 milliards d’euros. Des spécialistes de Bercy estiment même que pour les finances publiques cette mesure représente aujourd’hui un coût réel qui devrait avoisiner les 30 milliards d’euros/an. Un constat incontournable qu’en coulisses, même les délégués syndicaux admettent sans détour. Car voilà une mesure que personne ne réclamait et qui a obligé les salariés à consentir à un blocage de leurs rémunérations. Un comble, dans une période où justement la conjoncture aurait permis une hausse de salaires de plus de 12% en 4 ans. Ainsi, l’économie n’ayant pas été dopée par une hausse logique de la consommation populaire faute de moyens financiers, dont les ménages auraient profité, ce sont 13 milliards d’euros/an perdus par la collectivité. Sans oublier les accords de flexibilité, acceptés ici et là au détriment d’une qualité de vie des plus contestables. Jouant de fait le renforcement du grand capitalisme y compris monopolistique, au détriment de l’entreprise indépendante, celle qui fait la différence, comme on le voit en Allemagne.

Autre faiblesse franco française, que dire du déficit chronique du régime général de la Sécurité sociale qui ne peut que se développer d’autant que depuis des décennies on n’a rien prévu pour contrer la détérioration financière de la branche vieillesse. Mais surtout on n’a rien fait pour contrer toutes les fraudes relevées ici et là et qui nous coûtent des milliards d’euros par an et font vivre des villages… à l’étranger.

Et puis il y a ce commerce extérieur avec un déficit qui était en 2005 de 26 milliards d’euros et se retrouve à 67 milliards d’euros en 2012. Nettement mieux diront les spécialistes, qu’en 2011 où il était de 74 milliards d’euros, mais ils oublient de nous dire que la raison principale de ce recul est seulement lié à la conjoncture qui limite la demande des importations intérieure.

 

On ne fait rien pour les Pme/Pmi…

 

Non, on n’ose nous le dire, mais la France est de loin le pays où les choses se passent le plus mal. Certains diront que nos grands groupes sont pourtant brillants et que nos piètres performances concernent seulement l’économie stricto-française, celle qui est définie par nos frontières géographiques. Sauf qu’il faut savoir de quoi l’on parle. En matière de performance économique, s’intéresse-t-on seulement aux multinationales du CAC40 et dont la définition est d’avoir un siège social en France, voire à la tête un management français ou bien choisit-on une définition géographique, autrement dit l’emploi et la croissance en France ?

Car n’oublions pas que 85% des résultats consolidés de ces sociétés sont obtenus hors de France, alors qu’a contrario les sociétés américaines, elles aussi cotées, réalisent 85% de leur chiffre d’affaires aux Etats-Unis. Cette dichotomie pollue totalement le débat. Car de fait, notre problème d’offre vient essentiellement du fait que nous manquons de PME en général et d’entreprises de croissance en particulier et que rien n’est fait pour changer la donne. A titre d’exemple, les Allemands ont trois fois plus de PME exportatrices que nous et surtout trois fois plus d’exportations. Peut-être ne faut-il pas chercher plus loin notre manque d’efficacité économique. De plus, quand on sait que, cinq ans après leurs créations, nos PME ont en moyenne la même taille qu’à leurs débuts, alors que dans le même temps aux Etats-Unis elles ont triplé et en Allemagne grossi de moitié, on peut facilement imaginer le mal français ! D’autant, si l’on sait que dans ces pays on soutient les PME-PMI, alors qu’en France on préfère accompagner les associations en tous genres. Même quand elles sont sur le même «registre» que ces dernières, c’est paraît-il plus moral. Mais surtout plus malléable lors des campagnes électorales. Qu’on se le dise.

 

André-Gérôme Gallego

Direction Ligne éditoriale

Président France Génération Plurielle

andreg@aol.com

 

 


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