Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Fin de partie ?

Au moment où Christian Salmon, essayiste, publie un ouvrage intitulé « Les derniers jours de la Vème République », la chronique du Hollandisme « se donne à lire comme une suite incohérente de contre-performances, une succession de couacs, de décisions sans lendemain, de tête à queue idéologiques, de télescopages entre vie privée et vie publique »… Il y a aussi l’exercice de communication comme celui de la séquence d’échanges télévisuels avec les quatre français qui n’ont pas succombé au charme présidentiel mais semblent avoir ressenti son écoute. Toujours en difficulté pour imposer un charisme présidentiel, usé par la télévision avant d’en avoir … abusé (!), Hollande semble menacé de paralysie à mi-combat. Il a conditionné sa candidature en 2017 à la baisse du chômage ; il a suggéré un service civique potentiellement universel. Trop attentiste pour être convaincant, il a tenté de répondre au triple déficit d’image, de crédibilité, de résultats. S’il est apparu comme un président à l’écoute des problèmes quotidiens, reconnaissant ses erreurs – notamment sur le chômage – réagissant à bon escient contre la sinistrose et le nihilisme à la mode (près d’une quarantaine d’ouvrages en deux ans) il reste désespérément – au contraire d’un de Gaulle, d’un Pompidou, d’un VGE ou d’un Mitterrand – un président ordinaire, banal, dénué de tout charisme, incapable d’allier pouvoir institutionnel et autorité politique ( « auctoritas et potestas »). Loin de rassurer, il inquiète ; loin de sécuriser, il reste insécurisant dans un monde qui l’est aussi. Avec François Hollande, c’est le flou du Politique qui l’emporte avec son cortège de défiance, de critiques, de caricatures, le conduisant à des records d’impopularité qui plombent tout redressement tant ils sont la sanction de promesses non tenues et d’absence de souffle relevant de la Politique ( avec un grand P).

« Nous sommes à la veille d’une crise de régime »

Le président semble incapable de répondre à l’attente des Français ; il s’abîme dans les épreuves perdues et dans les contre-performances. Que ce soit en termes d’image, de chiffres, de mots, de récits ou de valeurs. Situation à tel point grave que Christian Salmon n’hésite pas à écrire que « l’après-Hollande a commencé » : «Pour certains nous sommes à la veille d’une crise de régime qui pourrait emprunter les chemins de la dissolution ; pour d’autres le temps est venu d’une recomposition de la gauche sur les ruines du vieux Parti socialiste ». À ceux qui militent pour la VIème République, le quinquennat du « mid-term » semble offrir sur un plateau le déclin du régime présidentialiste à la de Gaulle (et difficilement assumé par Hollande) et une re-parlementarisation de la vie politique. La Vème République (56 ans d’âge) est confrontée à une crise de l’action politique, à une forme d’impuissance et d’insouveraineté (tutelle de Bruxelles et de Berlin) dans une France qui continue à avoir la passion de l’universel, le goût de la commémoration et la maladie de la déploration. La stratégie de « se cramponner » permettra-t-elle à F. Hollande de sortir de l’impopularité et de l’immobilisme dans lesquels il est englué : 78% des Français n’ont pas été convaincus !


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