Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Fait-on la sieste à l’Elysée ?

Les lendemains des élections départementales ont donné lieu à l’établissement des nouvelles cartes électorales de la France et aux commentaires relatifs à la chute de certains barons (fin de l’ère Baylet en Tarn-et-Garonne et de l’ère Guerini dans les Bouches-du- Rhône.) Nous avons également eu droit à des supputations et à des scénarios relatifs soit à un éventuellement remaniement ministériel, soit à sa date et à ses composantes (irruption des frondeurs et des écologistes tels que JV Placé et F. De Rugy.) Le Président François Hollande est peut-être tenté comme le souligne ironiquement « Le Point » de “faire la sieste en se contentant d’ici à 2017 de faire semblant de réformer le Pays.”. Comment ? Avec des lois sur “la République numérique”, sur le dialogue social ou sur la création annoncée d’un contrat de travail unique (suggestion sans cesse répétée par le prix Nobel d’économie Jean Tirole.) Cela semble signifier aux yeux des spécialistes qu’aucune des grandes anomalies qui “plombent l’économie française” n’aura été alors corrigée.

« Il fallait changer de gouvernement et remplacer Valls »

La liste est longue : on travaille moins en France que partout ailleurs (moins d’heures dans la semaine, moins de semaines dans l’année et moins d’années dans la vie professionnelle); les dépenses publiques sont les plus élevées de l’OCDE (56% du PIB) , tout comme les prélèvements obligatoires (45%) et les dépenses sociales (32%). Ajoutons-y le fait que la politique familiale coûte en France 4% du PIB (2 fois plus que dans les pays développés) et que l’emploi public représente près de 22% de la population active, et l’on comprendra mieux que certains soient convaincus que d’ici à la présidentielle, ces anomalies ne seront pas corrigées. La situation de la France va donc continuer à se dégrader un peu plus au moment même nos amis européens auront conduit des politiques d’ajustement sévères, éprouvantes mais payantes. Cela est d’autant plus dommageable que la France ne sera plus en phase quand les taux d’intérêt, le pétrole et l’euro remonteront. Certains observateurs avaient plutôt la conviction qu’il fallait changer de gouvernement et remplacer Valls, plus imprécateur que jamais, par Emmanuel Macron afin de donner un vrai et authentique virage social et libéral à un Président qui donne l’impression de s’intéresser autant à l’économie qu’aux préparatifs du congrès du PS. Contrairement donc à ce que souligne l’hebdomadaire « Le Point », le Président Hollande ne fait pas vraiment la sieste. Il applique plutôt d’une manière presque dogmatique, la petite phrase d’un de ses prédécesseurs en Corrèze (Henri Queille) : “il n’est pas de problèmes que l’absence de solutions ne contribue à régler”.


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