Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

Facile avec les impôts des autres !

Lors de son interview dans le cadre de l’émission radio du JT « L’apéro politique », le responsable de la communication du PS François Carbonnel s’est dit être « fier de payer des impôts en ayant la chance de bien gagner sa vie ». Cela faisait suite à ma question lui demandant s’il était consentant à l’impôt. De plus, faisant de la politique, il dit avoir développé un « sentiment d’indignation face aux injustices sociales ». Mais qui n’a pas un tel sentiment ? Il nous montre que lorsqu’on gagne sa vie en spoliant les autres, il est bien sûr beaucoup plus facile d’accepter de payer des impôts. En effet, je ne dévoilerai rien de privé en évoquant son statut de « cadre territorial ». Et son blog révèle que « la communication est [s]on métier, la politique est [s]a modeste vocation ». Rappelons qu’un fonctionnaire ne reçoit pas un salaire mais un traitement. C’est fondamental pour voir que comptablement, les impôts payés par les fonctionnaires sont en fait payés par le secteur privé, seul créateur de richesse. Rappelons que si l’État, et a fortiori le secteur public, créait de la richesse, il n’aurait pas besoin des impôts pour exister. Or l’État, surtout en situation de déficit permanent, détruit au moins autant de richesse qu’il en collecte et en distribue. La dépense publique est une dépense contrainte. Pour le vérifier, admettons que le fonctionnaire touche 100 et qu’il soit imposé à 20. Il rend au trésor ces 20 qu’il n’utilise jamais, prélèvement à la source ou pas. Aussi ne serait-il pas plus simple de ne pas imposer le fonctionnaire qui se verrait gratifier d’un traitement de 80, le trésor se contentant de prélever sur le secteur privé soit 80, pour financer exclusivement cette fonction, ou 100, si ces 20 sont supposés nécessaires ?

« Une escroquerie intellectuelle de plus du système étatique »

Evidemment, du point de vue de la communication, les politiques récupèrent les 20 qui sont pour eux justifiés par les impôts du fonctionnaire. Mais vous avez maintenant saisi que ces 20 proviennent du secteur privé et ne sont pas produits par le fonctionnaire. Finalement, pas de quoi être fier de cette situation qui s’avère une escroquerie intellectuelle de plus du système étatique. Cela vous permet de voir que l’État ressemble étrangement à une mafia et que son unique objectif est de maximiser l’argent dit « public » par complexification fiscale et spoliation du secteur privé.

Il n’a donc pas la « chance de bien gagner sa vie ». Il ne la gagne pas du tout. Ses revenus ne dépendent pas de la valeur de son travail sur le marché libre, mais de l’arbitraire étatique en matière de rémunération ponctionnée au secteur privé tenu en esclave. Par contre, les individus du secteur privé ne consentent pas à l’impôt, on les oblige à payer, sinon c’est la prison. Belle approche de la justice sociale ! À chacun de juger.


7 COMMENTAIRES SUR Facile avec les impôts des autres !

  1. Mickey dit :

    Bon sang, mais vous êtes un ultra-néo-libéral cro-magnon, comme dirait Filoche !

    Et je suis bien d’accord avec vous.

    Les seules branches publiques qui créent de la richesse le font indirectement en créant des secteurs de services, comme la santé publique qui soignent les travailleurs-créateurs-de-richesse, les enseignants qui les éduquent, et la police qui les protège.
    Les autres métiers du public ne font que dilapider l’argent, en créant un trop plein de lois qui nécessitent un trop plein d’administratifs pour les gérer. Sans compter les centaines d’observatoires qui n’observent rien, les postes fictifs, les postes payés 3 ou 4 fois leur valeur, et les retraites calculées sur les 6 derniers mois, soit les mieux payés de la carrière d’un fonctionnaire.

    Et c’est nous qu’on paye tout ça !

    • Patrick AUBIN dit :

      Cher Mickey,

      Je vous remercie de me lire. Je ne suis qu’un simple libéral. Tout les suffixes ou préfixes ne correspondent à rien, car personne n’a énoncé quoi que ce soit sur le sujet : qui se revendique de l’ultralibéralisme par exemple, et où avez-vous connaissance d’une quelconque doctrine ? Il n’y a que les adversaires de la liberté pour attribuer de telles mots aux libéraux pur jus. Je ne vais pas faire ici tout le développement de ce qu’est le libéralisme, mais pour résumé, le libéralisme est une morale dont le fil conducteur est “ne fait pas à autrui, ce que tu ne veut pas qu’autrui te fasse” et qui est dans la pratique le respect de la liberté de chacun qui est le respect de la propriété privée, à commencer par la propriété de soi-même, et rien d’autre. Vous conviendrez ainsi avec moi, que nous ne sommes pas la propriété de l’état, et donc pas esclave à cette fiction providentielle qui s’appelle “état”.

      Une activité, quel qu’elle soit, ne peut produire de la richesse que si les personnes consentent volontairement à l’objet et échange librement les biens et les services entre eux. Il n’y a donc aucune branche “publique” : elle confère toutes à des intérêts privés. La santé n’est pas publique, elle n’est liée qu’aux individus. Si tout le monde est en bonne santé pourquoi tout le système de soin devrait exister comme si tout le monde était en mauvaise santé ? Quand la santé dépend de la décision publique, il est trop facile de faire de la démagogie en voulant maintenir coûte que coûte des emplois devenus inutiles au détriment en fait d’autres activités qui ne peuvent elles se développer. Et c’est toute la société qui en subit les conséquences.

      Pourquoi nous français aurions nous la science infuse et que le secteur public devrait être défini de la manière dont vous le faites ? D’autres voit un secteur public pléthorique (dirigiste : c’est d’ailleurs le fonctionnement actuel que certains voudraient d’ailleurs voir encore plus dirigiste, soit dans sa version nationaliste ou dans sa version communiste) et, moins nombreux voudraient le voir limité exclusivement aux fonctions régaliennes (dans le sens de la déclaration des droits de l’homme et du citoyens de 1789, mais que nos institutions actuelles bafouent totalement).

      Si nous reprenons l’exemple du secteur de la santé, avec des moyens exagérés par spoliation du secteur privé, on voit éventuellement que l’on a des hôpitaux, mais on ne voit pas que le secteur privé ne peut pas se développer correctement car il est privé de ses ressources qu’il a librement acquises.

      Constatez ainsi que le secteur public dépense de l’argent qu’ils n’a pas gagné mais qui a été pris par la force au secteur privé. Selon le niveau de la spoliation légale, tous les prix sont plus ou moins faussés. La santé peut être créateur de richesses sans avoir besoin de voler légalement les individus. il suffit qu’elle soit sur le marché.

  2. BL dit :

    Personnellement, je n’ai strictement rien compris à votre démonstration.

    • Patrick AUBIN dit :

      BL,

      Vous n’avez pas compris que les impôts payés par tout le secteur public (y inclus le monde politique) ne sont en fait qu’une escroquerie pour vous laisser croire qu’ils participent aussi à la fiscalité alors que c’est le secteur privé qui paye même leurs impôts et taxes ?

      Si vous êtes un salarié du privé (exclusivement), vous n’avez pas compris que l’impôt payé par un fonctionnaire, c’est comme si on vous ponctionnait un peu plus, pour laisser croire que c’est le fonctionnaire (ou le politique) qui paye son impôt ?

      Laissez moi vous expliquer :

      - vous êtes salarié du privé et votre entreprise vend des produits librement sur le marché, c’est à dire que personne n’est forcé d’acheter les produits de votre entreprise. S’il n’y avait pas d’impôt, on en resterait là, et votre entreprise gagnerait de quoi vous payer librement le salaire qu’elle s’est engagé à vous fournir par contrat, et vous dépenseriez ou épargneriez l’argent remis.

      - cependant, on peut comprendre que le monde n’est pas celui des bisounours, et qu’il faille notamment des services de sécurité. A défaut de les trouver sur le marché, l’état contraint à acheter son monopole de la sécurité. Comme l’état ne sait pas vous le vendre librement, il vous force (impose) à payer d’où l’impôt. Ce montant est-il juste : non car nous sommes en plain arbitraire car peut-être accepteriez-vous de payer plus pour un meilleur service, comme peut-être estimez-vous que vous payez trop cher ? Là n’est pas le débat que je vous propose aujourd’hui. Donc si on s’attache au service de la sécurité, tout policier ou militaire va donc recevoir un traitement (pas un salaire), c’est à dire va être payé par une partie de votre impôt issu de la collecte sur les créateurs de richesses.

      - J’espère qu’à ce stade vous suivez toujours (n’hésitez pas à m’indiquer où vous avez décrochez).

      - Maintenant, mettez-vous à la place d’un voleur qui va voler dans la caisse d’un petit commerçant qui possède 100 euros : le voleur est quelqu’un qui vous dépossède par la force ou la ruse d’une somme d’argent que vous ne souhaitez pas lui remettre. Ce n’est pas moral et ce n’est pas légal d’agresser quelqu’un pour en plus le voler. Admettons que le voleur ait un peu de scrupule à tout vous prendre : il remettra dans la caisse une partie de ce qu’il a volé. Ainsi, il remet dans la caisse 20 euros sur les 100 euros et lui restera 80 euros. J’espère que nous sommes toujours d’accord.

      - Maintenant rapprochez cette histoire du fonctionnaire. Vous êtes toujours d’accord que l’impôt est de nature confiscatoire (donc équivalent à un vol), que le service de sécurité offert n’est pas un coût qui est issu d’une mise en concurrence, mais bien d’un monopole (équivalent au voleur qui se sert chez vous sans vous demander votre avis), et que le montant de votre impôt est arbitraire (équivalent au voleur qui vous prend ce qu’il veut).

      Alors que sur le marché, tout ce qui est de nature concurrentielle a tendance à baisser, tout ce qui est monopolistique a tendance à augmenter. Plus vous laisser de monopole à l’état, et pire est la situation. Si vous ne comprenez pas cela, il vous faut une formation économique plus poussée.

      Un impôt ne peut être juste que s’il répond à la définition de l’article 14 de la déclaration des droits de l’homme :

      “Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.”

      Dans ce cas, il ne s’appelle plus impôt, mais “contribution commune”. Le système fiscal français ne répond pas du tout à cette définition. Pourtant cette déclaration est le préambule constitutionnel de la France. Notre pays a basculé depuis longtemps dans l’arbitraire politique car les français sont devenus des irresponsables en laissant des politiques les gouverner. Or la souveraineté est individuelle, et surement pas dans les mains d’un gouvernement qui ne représente qu’une fraction du peuple.

  3. Alcofribas Nasier dit :

    Moi je me suis arrêté à: “gagner sa vie en spoliant les autres” quand ce monsieur parle des fonctionnaires. Inutile d’aller plus loin, tant les sous entendus sont lourds….
    Étant moi même fonctionnaire, peu comptable de mes heures et dans un secteur qui offre une certaine valeur ajoutée à notre société je pense mériter ce que je gagne, sans avoir le sentiment de spolier ou pire, voler la société.

    • Patrick Aubin dit :

      M. Nasier,

      Il n’y a aucun sous-entendu. C’est très clair. Tout ce qui est payé par le butin fiscal est douteux.

      J’espère que vous faites la différence entre un échange libre et volontaire, et le fait que la fiscalité est tout le contraire de paiements ordinaires et volontaires en échange de biens et services. Nous ne sommes pas autorisé à mettre fin à ces ponctions si nous ne sommes plus satisfait du produit. Personne n’est puni en refusant d’acheter une Peugeot ou un vêtement Cardin, alors que vous serez envoyé en prison si vous ne souhaitez plus payer pour les écoles ou universités publiques aussi bien que pour les dépenses exagérée des présidents ou ministères.

      J’estime que c’est de l’esclavage que d’obliger les individus à payer pour des choses qui n’ont pas de légitimité parce que le marché eut offrir tout type de biens ou de services. Il n’existe qu’une unique conclusion morale : la fiscalité, c’est le pillage par lequel la classe dirigeante aidé de ses hommes de main, s’enrichit au détriment du reste de la population, à savoir les gouvernés.

      Vous êtes fonctionnaire ? Soit. Si vous pensez que votre travail offre une valeur ajoutée, vous trouverez alors sans problème de le négocier à un coût au moins égal sur le marché. Si ce n’est pas le cas, c’est que votre travail n’a pas grande utilité. C’est comme payer un type à creuser des trous un jour et les reboucher le lendemain, et ainsi de suite. Et ce n’est pas le nombre d’heures qui permet de justifier un revenu. J’espère que vous le comprenez aussi…

  4. Alcofribas Nasier dit :

    Mr Aubin,

    Je recopie votre commentaire pour y répondre au fur et à mesure.

    Il n’y a aucun sous-entendu. C’est très clair. Tout ce qui est payé par le butin fiscal est douteux.
    >> Votre sous-entendu, c’est que le public est un ramassis de pique-assiette et le privé , les grands enrichisseurs de notre pays.
    Votre emballage de connaissances économiques dissimule mal votre haine de ce qui n’est pas livré au marché….

    J’espère que vous faites la différence entre un échange libre et volontaire, et le fait que la fiscalité est tout le contraire de paiements ordinaires et volontaires en échange de biens et services. Nous ne sommes pas autorisé à mettre fin à ces ponctions si nous ne sommes plus satisfait du produit. Personne n’est puni en refusant d’acheter une Peugeot ou un vêtement Cardin, alors que vous serez envoyé en prison si vous ne souhaitez plus payer pour les écoles ou universités publiques aussi bien que pour les dépenses exagérée des présidents ou ministères.

    >> Que l’impôt soit inégalitaire, c’est le pivot de la contestation actuelle, certes. Mais encore une fois, ne mettez pas tout dans le même sac. L’impôt pour financer des universités, des écoles, je trouve cela profitable à la société, pas vous, c’est notre divergence. Livrer tout au privé, c’est peut-être mieux pour certains privilégiés, mais pas forcément pour la société….
    L’exemple des autoroutes qui sont passées de la gestion publique au privé est emblématique. Depuis cette transition, les profits ont considérablement augmenté. On pourrait dire que c’est en raison d’investissements qui portent leur fruit ou de l’augmentation du trafic… mais non. Les autoroutes s’enrichissent parce qu’elles augmentent leurs tarifs (plus de 21% depuis 2007; marge nette entre 20 et 24% A ce taux, c’est une rente!). Où est la régulation par la concurrence? Nulle part.

    De plus, les plus riches utilisent largement les niches fiscales voire l’exil pour ne pas être assujetti à l’impôt. On défiscalise les plus riches… Ceux-là, on ne les met pas en prison…

    J’estime que c’est de l’esclavage que d’obliger les individus à payer pour des choses qui n’ont pas de légitimité parce que le marché eut offrir tout type de biens ou de services.
    >> Tout type de services? Oui, mais à quel prix!!! (voir plus haut mon propos sur les autoroutes…)

    Il n’existe qu’une unique conclusion morale : la fiscalité, c’est le pillage par lequel la classe dirigeante aidé de ses hommes de main, s’enrichit au détriment du reste de la population, à savoir les gouvernés.

    Vous êtes fonctionnaire ? Soit. Si vous pensez que votre travail offre une valeur ajoutée, vous trouverez alors sans problème de le négocier à un coût au moins égal sur le marché.

    >> Ca c’est un propos “collector”: Si je suis performant, alors faut aller dans le privé, pour être avec des gens comme moi? Sinon, en tant que fumiste, je peux rester dans le public? En vertu de quoi devrais-je quitter mon travail?
    Encore une fois, vos propos sont ambigus…

    Si ce n’est pas le cas, c’est que votre travail n’a pas grande utilité. C’est comme payer un type à creuser des trous un jour et les reboucher le lendemain, et ainsi de suite. Et ce n’est pas le nombre d’heures qui permet de justifier un revenu. J’espère que vous le comprenez aussi…

    >> Mes supérieurs reconnaissent ma compétence et mon investissement, merci. Et j’espère que vous comprenez que la vie ne se résume pas à ce que l’on vaut sur le marché. Il y a d’autres choses dans la vie, qui ne se monnayent pas et heureusement.

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