Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Évitons de sortir maladroitement de l’Histoire !    

Alors qu’Hitler reste un inépuisable sujet cathodique à la faveur des anniversaires conduisant les chaînes à multiplier les documentaires sur le nazisme, un souffle de mauvais augure aux relents fétides balaie l’Europe avec l’extrême-droite en Autriche arrivant en tête au premier tour avec 36,4% des suffrages lors des élections présidentielles, l’influence grandissante de Marian Kotleba en Slovaquie organisant des milices de défense locale contre les Roms, le “zéro réfugié” de Victor Orban en Hongrie, l’ascension de Marine Le Pen en France à un an des présidentielles… Un nombre croissant d’observateurs et d’analystes soulignent que l’Europe fait d’autant moins rêver qu’à la crise des réfugiés et la montée des populismes s’ajoutent la crainte du terrorisme, les séquelles de la crise de 2008, le dossier grec et la tentation de la sortie du Royaume-Uni le 23 juin que rêvent d’imposer les eurosceptiques danois et néerlandais.

Même si la zone euro renoue avec la croissance, elle pourrait être sérieusement déstabilisée par des événements profondément déséquilibrants : crise des migrants aggravée, poussée des populismes, “brexit” anglais déclenchant une crise plus politique qu’économique, élections législatives anticipées en Espagne, enlisement des négociations entre la Grèce et ses créanciers.

 « Ajouter un quatrième volume à la remarquable “Histoire de l’Europe” »

Le tableau dressé ressemble plus à un cauchemar annoncé qu’à une espérance bien accrochée aux fameuses étoiles du drapeau européen quelque peu déchiré par les vents qui fragilisent ses fondations.

Il importe donc de réagir, de ne pas céder à je ne sais quelle “fin de l’histoire” européenne mais au contraire d’ajouter un quatrième volume à la remarquable “Histoire de l’Europe” d’Emmanuel Berl en démontrant que la République européenne est une tentation pour laquelle il faut se battre au nom d’une réelle refondation concrète des droits de l’Homme loin de l’idéologie faussement roborative que l’on pourrait s’en faire.

Il faut aussi se méfier des concordances de temps même si elles nous tendent les bras. Entre 1936 et 2016, il y a des similitudes : Roosevelt critiqué pour l’interventionnisme de l’État, les frondeurs de l’époque sortent de la SFIO et créent le PSOP de Marceau Pivert, la guerre d’Espagne comparable à celle de Syrie, la renaissance des discours xénophobes à l’Est.

Autant d’éléments suscitent l’effroi. Faisons donc en sorte que la démocratie soit “continue” c’est-à-dire ne s’arrête pas avec le geste électoral, ne s’arrête pas aux frontières des États, mais s’ouvre sur “l’espace-monde”. Évitons de sortir maladroitement de l’Histoire !

 

 


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