Philippe David
Philippe
David
L'esprit libre

Euthanasie: un referendum, vite

Le « feuilleton » Vincent Lambert continue semaine après semaine, feuilleton dont l’intéressé n’a même pas connaissance et dont il se serait probablement passé s’il en avait le choix. Dans cette histoire dramatique, une famille se déchire pour maintenir ou non en état « pauci-relationnel », ce pauvre homme. Des parents catholiques intégristes soutenus par une partie de la famille plaident pour le maintien en « vie » tandis que l’épouse et une autre partie de la famille plaident pour abréger les souffrances de Vincent.

Pourtant, face à ce type de débat dans lequel l’éthique et la sensibilité de chacun est au cœur du problème, une chose s’imposerait si la France était encore une démocratie : un référendum.

En effet, le droit de choisir de mourir dans certaines circonstances est un droit inaliénable dû à tout être humain.

Face à une maladie incurable entraînant d’immenses souffrances physiques et morales tant pour le malade que pour ses proches, qui a le droit de dire qu’on ne peut pas abréger les souffrances dans un combat perdu d’avance contre la maladie ?

Qui peut affirmer que l’acharnement thérapeutique est plus éthique que l’euthanasie, alors que dans un cas on fait perdurer des souffrances, et dans l’autre on les supprime ?

Qui peut affirmer que l’« euthanasie passive », qui consiste à arrêter les soins et à nourrir le patient, et qui a pour conséquence une mort lente et douloureuse tant pour le malade que pour ses proches, est préférable à l’« euthanasie active » qui cause, elle, une mort rapide et sans douleur ?

« Chacun d’entre nous a le droit de décider des conditions de sa mort »

Chacun d’entre nous a le droit de décider des conditions de sa mort le jour où il n’y a plus d’espoir, et ce n’est ni aux médecins, ni aux politiques, ni aux religieux de décider à notre place.

Qui peut dire que Vincent Lambert a une vie digne et qui mérite d’être vécue alors que, suite à un accident de la route, il est cloué dans un lit sans pouvoir se déplacer, se nourrir, communiquer bref vivre et que sa vie ne dépend que des autres?

Qui, parmi les lecteurs du livre « Le scaphandre et le papillon », livre transcrit au cinéma avec un magnifique Matthieu Amalric dans le rôle principal, peut affirmer qu’il est moral de laisser une personne frappée par le « locked-in syndrome » (« syndrome d’enfermement ») vivre comme un légume si celle-ci a demandé à mourir ?

De quel droit imposer aux autres des souffrances ? De quel droit imposer aux autres une vie qui ne mérite plus d’être vécue ? Au nom de qui ? Au nom de quoi ?

C’est pourquoi un référendum, dont la question consisterait à donner le droit à chacun de décider par écrit ce qu’il voudrait qu’il advienne en cas d’accident ou de maladie laissant des séquelles irréversibles ou afin d’abréger ses souffrances, serait une exigence éthique et démocratique.

Comme disait Voltaire dans Mérope : « Quand on a tout perdu, quand on n’a plus d’espoir, La vie est un opprobre et la mort un devoir. »


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