Nicolas Lafforgue
Nicolas
Lafforgue
Ma semaine précaire

Etre de gauche, c’est…

 

François et Manuel se sont énervés. Contre le FN. Cette semaine ils étaient colère, François et Manuel. Alors ils l’ont fait savoir. « Ouaaais la France va pas bieeen et puis elle va se fracasser sur le FN tout ça tout ça… » Ben oui. Mais ce n’est pas nouveau ça. Ça fait trente ans que des gens luttent pour de vrai contre le FN et pas à dix jours des départementales. Trente ans que des camarades luttent contre leurs idées et luttent dans la rue pour éloigner le danger fasciste. Et vous faites quoi vous ? François, tu fais quoi pour lutter contre le FN ? En vrai ? En arrivant au pouvoir en 2012, vous aviez une dernière chance de sauver le truc. D’éviter le drame. Personne n’y croyait vraiment, on vous connaît à force mais bon… On ne se refait pas. J’aime les causes perdues. Le PS c’est quand même le roi des causes perdues. Je me disais, François, il sait lui aussi. Il sait que s’il déconne, ça va tourner pas bon cette histoire. Il sait que s’il ne fait pas ce pour quoi il a été élu, on risque de passer du côté de la honte. Donc voilà vous êtes arrivés et puis en trois semaines, on savait que c’était foutu. Même pas de petit moment mignon du genre on ne se connaît pas, on se fait des bisous dans le cou. Non. Même pas. Direct Manuel à l’intérieur. Et là. On sait qu’on ne va pas chanter l’internationale main dans la main à la Bastille. Et aujourd’hui, vous nous vendez du danger fasciste. Comme ça. Sans sourciller. À l’aise. Et certains trouvent ça bien de vous voir vous indigner en trépignant au micro de l’assemblée en chantant « les loups sont entrés dans Paris ».

 « Le PS c’est quand même le roi des causes perdues »

La main sur le cœur. Vous nous prenez vraiment pour des jambons, c’est ça ? Vous pensez qu’en rappelant qu’il existe des salopards, nous allons oublier ce que vous avez fait contre nous ? Vous pensez qu’en nous rappelant que le FN est une abomination et que vous êtes, vous, en train de le mettre tranquillement au pouvoir, nous allons venir sauver vos pommes ? Vous savez quoi ? Vous allez goûter la défaite, et nous, de notre côté, on va refondre la gauche avec celles et ceux qui ont encore une petite idée de ce que sont la dignité et les idées progressistes. De ce que sont les points d’ancrage de la gauche, les caps fixés par celles et ceux qui ont fait la gauche avant nous. Etre de gauche ne se décrète pas. Etre de gauche, c’est assumer d’être du côté de ceux qui souffrent. Etre de gauche, c’est ne pas accepter l’inacceptable. Etre de gauche, radicalement de gauche, c’est naturellement lutter contre le FN et ses idées de mort. Etre de gauche, c’est rester debout, même en dehors des campagnes électorales. Et puis de toute façon, en vrai, vous n’en avez rien à faire de nous, alors pourquoi voudriez-vous qu’on vous tende la main ?

 


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