Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Et si…

Et si le titre du dernier livre du Prix Nobel d’économie 2014, Jean TIROLE, “Économie du bien commun”, constituait le socle d’une campagne électorale qui ressemble à l’art de brouiller les pistes, de François Hollande à Emmanuel Macron. Et si ce titre était la quête du bien commun, c’est à dire selon Tirole, « la construction d’institutions visant à concilier les intérêts individuels ou collectifs ». Et si ce “pavé” de 640 pages permettait aux hommes politiques de se rappeler que notre pays est « dans une situation paradoxale où l’on croit très fort à la toute-puissance de la politique et où dans le même temps on ne cesse de blâmer les individus qui en font. »

Et si ce titre pouvait permettre de dépasser certains blocages et de favoriser un débat avec l’autre économiste médiatisé, Thomas Piketty, pour donner à la campagne électorale une densité digne de l’élection la plus populaire de la Ve République.

Et si ce titre était l’illustration du fait « qu’il n’y a pas de fatalité aux maux dont souffre notre pays » et qu’il existe « des solutions au chômage, au réchauffement climatique, à la déliquescence de la construction européenne. »

« Il n’y a pas de fatalité aux maux dont souffre notre pays »

Et si ce titre conduisait Emmanuel Macron à enjamber le traditionnel clivage gauche-droite pour construire soit une nouvelle majorité, soit une éventuelle candidature. Déjà, les idées du ministre de l’Économie laissent entendre que le pragmatisme ne suffit pas et que pour lui, « il n’y a pas de politique sans récit ni de récits sans idéal. »

Avant les propositions de Tirole, E. Macron préconisait dans la revue Esprit en 2015, de « réinvestir les trois rêves qui fondent l’identité française : l’égalité, l’Europe, le rêve industriel. » À ces rêves s’ajoute la liberté, référent constant chez ce novice en politique qui semble déjà un vieux briscard, comparé à Pompidou ou VGE pour l’originalité du parcours. Conscient du malaise démocratique, Emmanuel Macron pense « que le peuple français n’a pas voulu la mort du roi. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là, la démocratie ne remplit pas l’espace… »

De son côté, Jean Tirole fait remarquer que « la France a des talents pour être dans le peloton de tête de l’économie du XXIe siècle. Nous n’y sommes pas, parce que nous subissons les évolutions, notre logiciel intellectuel nous faisant encore trop regarder vers le passé. »

Aux politiques de faire participer le peuple à la construction de son destin en poussant des Tirole ou des Macron à inventer de nouveaux logiciels qui conduisent à une meilleure respiration républicaine !

 

 

 

 


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