Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

Et les revenus de la ponction publique ?

Les fonctionnaires veulent une revalorisation de leur traitement : mais sur quelles bases ? Examiner cette question engendre l’hystérie collective. Les syndicats de fonctionnaires brandissent la menace de grève, voire la font préventivement, pour satisfaire leurs revendications salariales. Usant de leur pouvoir de nuisance par la force du nombre, ils appellent cela une « journée nationale d’action ». Nommons cela du chantage, car c’est tout dire de l’intérêt qu’ils manifestent pour leur activité professionnelle le reste du temps.

Le revenu d’un fonctionnaire n’est pas un salaire provenant de la production libre, mais bien un traitement issu de la contrainte fiscale. Même ses impôts, charges sociales, retraites et autres avantages ne résultent pas de sa libre décision. Le butin fiscal est exclusivement abondé par le secteur privé. Si l’État créait de la richesse, la fiscalité deviendrait la contribution librement consentie de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Notons que si la fiscalité a été légalisée, elle est illégitime au regard du droit.

« Le revenu d’un fonctionnaire provient de la contrainte fiscale »

Dans le privé, une augmentation de salaire (individuelle ou collective) n’est possible que si l’entreprise est bénéficiaire et que sa valeur ajoutée, sa productivité ou/et ses marges s’accroissent et surtout si ses clients continuent à lui faire confiance.

Les revenus des fonctionnaires dépendant de la fiscalité et les ressources fiscales du seul secteur privé, est-ce beaucoup demander que de comprendre que vider le réservoir plus vite qu’il ne se remplit se termine par son assèchement ?

La réduction du déficit public de l’État ne justifie pas l’existence d’un pactole à redistribuer aux fonctionnaires. Une entreprise qui posséderait des ratios financiers comme ceux de l’État français aurait disparu depuis belle lurette. Mais pour assurer la paye de sa pléthorique fonction publique, l’État s’autorise le pillage du privé dont l’unique choix est de tenter de survivre. Nous assistons impuissants à la mort de milliers d’entreprises privées et d’emplois d’indépendants pour le maintien des privilèges.

Eh oui, si le fonctionnaire voit qu’il est maltraité sur son revenu, il ne voit pas que son emploi ne résiste que parce que son employeur saigne le secteur privé comme jamais il ne l’avait saigné. Si aucune prise de conscience pour recentrer l’État sur la force publique n’est réalisée, ce supplice se terminera en drame pour tous parce la “fonction publique” porte en elle le germe de la destruction de la société humaine.

 

 


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