Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Au moment où Jean Rochefort nous livre ses souvenirs mélancoliques et truculents, où France 2, la principale chaîne publique française traverse une profonde crise d’identité, le gouvernement se refusant à une réflexion de fond sur le financement de l’État social dans la France du XXIe siècle, est perçu par l’opinion publique comme hésitant, touchant à des intérêts acquis mythiques, naviguant à vue et bricolant, alors que David Cameron nous présente les ingrédients du succès en Grande-Bretagne (politique monétaire souple, dévaluation, austérité budgétaire et flexibilité). Au moment où Obama est empêtré dans le scandale de la NSA et que Paris veut un code de conduite européen, François Hollande continue à battre des records d’impopularité et donne le sentiment d’être englué dans une sorte de « Mer des Sargasses » de l’action politique : successivement qualifié « culbuto » pour sa capacité à rebondir, de « Flamby » à cause de sa réputation de mollesse et de flou, puis de « Pépère » par ses conseillers élyséens le trouvant trop lent dans la décision politique, surnommé « Mr Petite blague » pour son solide sens de l’humour, les observateurs et chroniqueurs semblent oublier qu’il est peut-être d’abord un fin manœuvrier, louant la IV° République quand c’est opportun, se lovant dans le costume de la V° lorsque cela devient impératif. D’ailleurs, la situation en Bretagne (violentes manifestations), les chiffres du chômage, les quiproquos sur le budget, les manifestations de lycéens, la pression de la rue, semblent justifier ce propos présidentiel (constat ou prédiction) : « il y a toujours un risque de voir éclater quelque chose que l’on n’a pas vu venir… Ça ne coagule jamais où on s’y attend. » A méditer au moment où François Hollande décroche dans sa propre famille politique (quand on divise son camp, c’est mauvais signe), que les possibilités de rebond sont d’autant plus rares que quand elles existent, elles ne sont pas saisies. Si l’inversion de la courbe du chômage ne se fait pas, le Président va démonétiser sérieusement sa parole – et autres promesses – pour le reste du quinquennat. Jean-Marc Lech (sondeur), souligne d’ailleurs « qu’en ayant focalisé tout son discours sur l’inversion de la courbe du chômage, il s’est condamné à ce que l’on regarde avec un seul œil. » LE temps est désormais venu pour François Hollande d’incarner absolument la fonction présidentielle, « son image personnelle étant très abîmée » selon l’IFOP et de tirer les leçons du constat de l’historien Pierre Nora : « La France est en mal d’État, en mal de modèle idéologique et politique par qui s’exprimerait sa vocation nationale à l’universel. La France se sait un futur mais elle ne se voit point d’avenir ». A moins qu’il ne soit déjà trop tard comme l’écrit Jean Clair dans « Les derniers jours » : « Dans ma patrie et dans ma langue, où sont désormais les lois, les traditions, les fêtes pour me sentir encore chez moi ? »

 

Stéphane Baumont


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