David Saforcada
David
Saforcada
bonapartiste

Education Nationale ou Instruction Publique ?

 

 

Le poids des mots est essentiel. Le vocabulaire utilisé est rarement neutre idéologiquement. Le nom des ministères en est un bon exemple. Celui de l’Education Nationale en est la parfaite illustration. A l’origine le ministère se dénommait « ministère de l’instruction publique ». Il ajoutera le domaine des « Beaux-Arts » après le Second Empire puis celui des « Cultes » (avant que celui-ci ne soit rattaché à l’Intérieur en 1909) en 1893. En juin 1932, le gouvernement Herriot nomme Anatole de Monzie ministre de l’Education Nationale. Exit l’instruction publique qui cependant reviendra en 1940-1941. Peu importe le titre pourvu que le contenu soit respectable me direz-vous. Pas si vrai que cela. En effet, on oublie un peu trop vite qu’en définitive, l’instruction revient désormais à l’Etat alors que l’éducation ne relève, et ne doit relever, que des parents. L’école doit instruire dans le sens où elle doit délivrer un savoir, intellectuel ou manuel, doit développer l’esprit, apporter des connaissances, former l’intelligence… En revanche, l’éducation stricto sensu (du latin educare, c’est-à-dire « emmener, conduire hors de, sous-entendu de l’enfance »…) revient plus hautement à élever l’enfant, à lui former sa personnalité. Ce devoir ne peut qu’être celui des adultes responsables personnellement des jeunes qui lui sont confiés (en règle générale les parents). Répétons-le, les instituteurs, les professeurs n’ont pas pour tâche d’éduquer des adolescents qui, normalement, devraient déjà l’être largement lorsqu’ils accèdent à l’école primaire ou au collège.

 “Les professeurs n’ont pas pour tâche d’éduquer des adolescents”

Malheureusement, la démission de nombreux parents, l’absence de respect, de discipline, de sens du travail, le manque de véritable éducation… font que de plus en plus, les enseignants se transforment en éducateurs pour ne pas dire en agents de police dans leurs classes. La première mission de l’administration scolaire doit donc de revenir à ses sources, à ne se préoccuper que de l’instruction. Mais, cela demande au préalable que la société – par conséquent les parents, tous les parents – soit en mesure de remplir la première étape, celle de former la personnalité des jeunes, de les amener, avec justesse, de l’enfance à l’adolescence, propres à recevoir l’instruction nécessaire à leur vie d’adulte. Que de travail en perspective, on le voit encore plus depuis l’arrivée de Madame Vallaut-Belkacem, pour qu’enfin, le ministère de l’Education Nationale reprenne son titre et sa vocation première !

 


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