Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Du désastre ovalien au nouveau “front social”

Au cœur ardent de la mêlée de l’actualité, le quart de finale du XV de France face aux redoutables “All Blacks” qui n’auront jamais porté aussi bien ce maillot frappé de la fougère d’argent portant ainsi le deuil de leurs adversaires, cette fois-ci la France. Au vu des parcours du XV de France il ne fallait pas s’attendre au miracle, le score (62-13) suscitant les titres de la critique absolue : « L’Humiliation »… Alors sans excès de chauvinisme, félicitons-nous de l’une des plus belles leçons de rugby donnée par une équipe rigoureuse, enthousiaste, utilisant tous les espaces, libérant le ballon sur des avants jouant comme des trois-quarts ou des trois-quarts ayant la puissance des avants. Face à ce désastre ovalien s’ouvre un nouveau “front social” Valls-Martinez, le leader de la CGT boycottant la conférence sociale organisée par le gouvernement au Conseil Economique, Social et Environnemental et menaçant l’exécutif en lançant dans le JDD : « Faîtes attention, ça va exploser! » Une petite phrase qui traduit la tension qui ne cesse de gagner en intensité : les débordements chez Air France ; l’élu de la CGT des Chantiers Navals de St Nazaire qui refuse de serrer la main du chef de l’Etat ; le jet de yaourt vers Emmanuel Macron accusé « d’assassiner les chômeurs ».

« Entre les deux gauches, le fossé se creuse »

Autant d’éléments qui tranchent d’avec le sauvetage des retraites complémentaires des cadres et des salariés, d’un dialogue social qui existe, d’une partie des partenaires sociaux préférant la réforme au statut-quo. Preuve vient-elle d’être faite que le social-démocrate Hollande, le social-réformiste Valls et le social-libéral Macron, rapprochent peu à peu la gauche française des socialistes allemands ? Attitude dénoncée par l’autre gauche, celle de la CGT, de Mélenchon, de Pierre Laurent, d’Olivier Besancenot. Entre les deux gauches, à la veille des Régionales, le fossé se creuse ; l’addition des “événements-rupture” ne crée pas une atmosphère révolutionnaire mais le précipité politique né de l’addition de toutes les contestations de la perte de toutes les élections intermédiaires depuis les législatives de 2012, de l’impopularité et du chômage qui ne baisse pas, contribuent à susciter l’émotion qui, selon le professeur Rials « comporte l’idée d’un mouvement moral qui entraîne un mouvement physique. Emue, une population entre en effervescence, choquée par un fait ou un dire, remuée par un acte ou par une information vraie ou fausse, elle fermente puis s’agite ». Nous en sommes au stade de l’agitation? Pourrons-nous y rester sans qu’elle se transforme : la réponse est dans les mains du président de la République.

 

 


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