Robert Redeker
Robert
Redeker

Dominique Spina : un lynchage médiatique abusif

Le journalisme devient dangereux lorsqu’il confond information avec délation. C’est la réflexion qui germe dans l’esprit du citoyen attentif au lynchage médiatique s’abattant sur un curé du frontonais, Dominique Spina.

Tout à coup, les rédactions s’affolent : un prêtre condamné pour agression sexuelle sur mineurs reste en poste près de Toulouse. Or, il ne s’agit pas d’une information. Il occupe ce poste depuis plusieurs années. Avoir été condamné ne signifie pas, heureusement, demeurer sous le coup d’une interdiction professionnelle à vie. Excellent prélat, Mgr Robert Le Gall a pris les dispositions qui convenaient. Sous sa houlette, l’Église a été exemplaire. Spina avait été réintégré sans que rien sur son passé n’ait été caché aux fidèles. D’ailleurs, interrogés en toute connaissance de cause, les paroissiens rendent hommage à un curé vers lequel va leur sympathie, dont ils n’ont qu’à se louer. En pardonnant après une sévère punition (de la prison ferme), l’Église reste fidèle à ses magnifiques valeurs.

« Rien sur son passé n’ait été caché aux fidèles »

Il est manifeste que certains des journalistes-accusateurs n’ont pas regardé de près le dossier du Père Spina. La seule affirmation « condamné pour agression sexuelle sur mineurs », surtout en considérant l’institution dans laquelle il officie, suffit pour le condamner à jamais. Voilà un homme qui a commis une faute il y a 10 ans. Une faute pour laquelle il a purgé sa peine. Il n’est pas un agresseur sexuel en série. Croyant à un amour partagé avec un jeune homme de 16 ans, il se laissa aller à des comportements honteux, blessants pour la dignité de la victime. Il n’aurait pas dû. Son état d’aumônier ajoute à la gravité de la faute.  Il n’est pas Gabrielle Russier car l’amour qu’elle vivait pour un élève de 16 ans était, lui, partagé.

Si l’on suit la logique du lynchage, nul n’aurait le droit de reconstruire sa vie après une faute punie. Pareille logique, pareil acharnement, sont décivilisateurs car ils annulent le sens de la sanction pénale. Celle-ci consiste à payer une dette qui efface le dol de la faute. Ensuite, il faut tirer le rideau.

Or, le rideau n’a pas été tiré. Sous la pression, Dominique Spina a démissionné. En niant le droit à une seconde chance, le déferlement médiatique a pris la responsabilité de détruire une réinsertion qui avait toutes les apparences de la réussite humaine. Certains accusateurs devraient relire saint Augustin, qui confesse sa vie de débauche et ses amours illicites précédant son entrée en sainteté, pour comprendre la rédemption et pardonner.

 


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