DorianDreuil
Dorian
DREUIL
Conseil d'administration Action contre la faim. Délégué à la vie associative.

Des Objectifs sans faim ?

Il y a des jours que le monde garde en mémoire, il y a des jours qui changent le destin. Tout laisse à penser que le vendredi 25 septembre 2015 puisse être de ceux là. Ce jour où les dirigeants du monde entier se sont réunis dans la maison de verre pour signer le texte des Objectifs de Développement Durable (ODD) succédant ainsi aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) qui prennent fin cette année. Les ODD traduisent aujourd’hui une véritable volonté des leaders mondiaux d’améliorer la santé et l’éducation, de bâtir des villes plus durables, de combattre les changements climatiques mais aussi de mettre fin à la pauvreté et à la faim. L’agenda des biens publics mondiaux n’a jamais été aussi précis. Et celui de lutter contre la faim n’a jamais été aussi ambitieux. L’objectif de réduire, au cours des dix prochaines années, de près de 40% le nombre d’enfants touchés par la faim est historique. Alors que la sous-nutrition est responsable de 45% de la mortalité infantile dans le monde, c’est la première fois qu’un engagement aussi fort est pris, au niveau international.

« Devenir aujourd’hui les architectes du monde dans lequel nous voulons vivre demain est un objectif sans fin. »

Mais quand 79% des français estiment que lutter contre la faim est une priorité, l’Aide Publique au Développement (APD) française n’y consacre que 0,47% de son budget selon le collectif Génération Nutrition. Un drame silencieux dans l’indifférence assourdissante. Si les nouveaux Objectifs de Développement Durable priorisent la nutrition, de nombreuses ONG, dont Action contre la Faim, demandent aux gouvernements d’établir des indicateurs annuels précis, des programmes spécifiques et de mobiliser des ressources suffisantes. La question du financement est ici cruciale pour que ces nouveaux objectifs ne restent pas de simples promesses. Ces objectifs sans faim doivent être assortis des moyens nécessaires. Face à l’opprobre d’un déficit de financement considérable, avec seulement 1% de l’APD mondiale, les mécanismes de financements innovants sont indispensables. Pionnière en la matière, la France a joué un rôle majeur, notamment avec la taxe dite Chirac sur les billets d’avion en 2006. Cette semaine Mike Penrose, Directeur Général d’ACF-France était présent aux côtés de François Hollande et Philippe Douste-Blazy, Secrétaire Général Adjoint de l’ONU, pour le lancement de UNITLIFE. Cette structure, dotée de sa propre gouvernance, propose aux Etats volontaires la mise en œuvre d’une taxation financière sur leurs industries tel que le gaz, le pétrole et les minerais et dont une partie sera reversée à UNITLIFE. Un nouveau mécanisme de financement innovant qui a pour but de lutter contre la sous-nutrition en Afrique subsaharienne. A ce jour, le Mali, la Guinée, le Niger et le Congo ont rejoints le mécanisme. Pour qu’il soit viable il faut que d’autres Etats rejoignent cette initiative innovante. Comme l’écrivaient Philippe Douste-Blazy et Jacques Plouin en 2013, « La solidarité sauvera le monde ». Les financements innovants sont aujourd’hui des vaccins contre la fatalité autant que des antidotes à l’inaction mais ils sont surtout les fondations de nouvelles politiques internationales de solidarités. Devenir aujourd’hui les architectes du monde dans lequel nous voulons vivre demain est un objectif sans fin.


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