Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Demain, la Jacquerie

Plus que la neige venant piéger des centaines d’automobilistes sur la route des retours de vacances, suscitant comme d’habitude une dramatisation de la situation sur les télévisions spécialisées … Plus que l’annulation de l’arbitrage qui avait été accordé à Tapie (404 millions d’euros) : doit-il ou non les rendre maintenant, telle est la question…Plus que les vagues des grandes marées, c’est surtout le Salon de l’agriculture et ses visiteurs politiques qui font d’autant plus la une de l’actualité que les politologues comme Stéphane Rozès constatent « la montée du néo-ruralisme et un phénomène de malaise qui s’expliquent par l’épuisement du projet nation qui participe de notre dépression collective ». S. Rozès poursuit : « Les agriculteurs comme les autres citoyens, ont du mal à se projeter dans un destin commun, mais ils ont très fortement perçu l’épuisement des politiques européennes ». Le président du Sénat met en garde contre une « jacquerie naissante » (« je sens monter, déclare-t-il, une colère sourde des territoires, une révolte, une jacquerie »), et de citer parmi les éléments qui suscitent ce mécontentement généralisé le « compte-pénibilité », les travailleurs détachés (nouveaux saisonniers des pays de l’Est), le dysfonctionnement du régime social des indépendants ou l’épidémie « zadiste. » Quant à Dominique Barreau, secrétaire général de la FNSEA, il souligne que « l’exaspération est réelle car la pression est trop forte sur les agriculteurs. » Oui, la complexité administrative leur empoisonne la vie. Et pourtant « l’amour est dans le pré » comme le montre à l’envie le sondage du « Parisien – Aujourd’hui » du 22 février dernier, 82% des Français ont une bonne opinion des agriculteurs, pour 70% c’est un secteur dont le développement doit être prioritaire, pour 87% l’agriculture doit parier sur les petites exploitations, 76% pensent qu’il faut continuer de subventionner l’agriculture, mais 48% jugent que les agriculteurs ne sont pas suffisamment attentifs à la sécurité sanitaire et 36% à l’environnement.

« Le travail, valeur de gauche ? »

Alors, entre la bonne image qu’ils ont dans l’opinion publique, les problèmes qui suscitent leur mécontentement profond et le vote des habitants des communes rurales qui se déporte de plus en plus sur l’extrême droite, on comprend mieux l’importance de ce Salon de l’agriculture avant les élections départementales (22-29 mars.) Aujourd’hui, place au retour du clivage gauche – droite (fin de la bienveillance de la droite et du centre après l’effet « Charlie »), nette baisse des côtes de popularité du Président et du Premier ministre … Il y a eu également le fameux 49,3 dramatisé à l’excès par BFMTV, dans une forme d’outrance qui ne sert ni le respect de la Constitution, ni la vie politique telle qu’elle doit être entendue. Mais déjà Emmanuel Macron, futur Premier ministre (?), nous annonce des réformes sociales en lançant le chantier du Code du Travail tout en soulignant que le « travail, c’est une valeur de la gauche. Pas le conservatisme.».

 

 


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