Brice Christen
Brice
Christen
Le cynisme aggravé

Démagogie participative

 

Il y a des semaines moins riches en actualité que d’autres. Tant mieux, aime-t-on à penser. Comme le disait Jean Cocteau, il faut parfois se reposer de ne rien faire. La semaine avait pourtant démarré sous l’égide et à la barbe des Grecs. On a coutume de dire que quand quelqu’un ou quelque chose meurt, quelqu’un ou quelque chose naît ailleurs. C’est ainsi que le même jour, nous quittait Demis Roussos tandis que naissait au pays de l’ouzo un vent nouveau en politique, soulevant enthousiasme et croyance dans la sortie de crise. C’est toujours bien d’y croire. J’ai d’ailleurs préféré retenir l’ouzo en symbole de la Grèce plutôt que la démocratie, mauvais système certes, mais le moins mauvais de tous, comme le disait le Vieux Lion anglais. Remercions néanmoins nos anciens amis grecs d’avoir inventé ce système génial dans lequel nous pouvons choisir entre deux types qui ont fait leurs études ensemble et appliqueront le même programme économique quoi qu’il arrive, pour ensuite faire passer des lois décidées en comité restreint pendant que nous aurons le dos tourné.

« Nous avons surtout évité bien d’autres régimes subversifs comme la dictature, un régime dirigé par un seul homme, souvent coléreux et moustachu. »

Étymologiquement, la démocratie représente un idéal dans lequel le pouvoir revient au peuple, par le peuple, pour le peuple. Cela fait beaucoup de peuple pour un seul régime et quand on observe aujourd’hui notre société, on se rend bien compte que vu le peu de pouvoirs entre les mains des citoyens, on s’est fait enfiler à un moment donné. Mais réjouissons-nous aujourd’hui d’être dans une République démocratique glanée sur l’autel de la Bastille, un soir de juillet 1789, en guillotinant les nobles. Après tout, couper des têtes pour repartir à zéro semble être un moyen idéal pour la garder sur les épaules. Ou pas. Nous avons surtout évité bien d’autres régimes subversifs comme la dictature, un régime dirigé par un seul homme, souvent coléreux et moustachu. La monarchie, dirigée par un homme seul avec une couronne et des bagues en or, ou la principauté, un territoire minuscule mais bien pratique pour cacher son argent et ne pas payer d’impôts.

Le nouveau Premier ministre grec a, entre autres, promis de liquider la dette qui se compte en centaine de milliards, et dont une partie est détenue par la France. Cocorico. Si l’on voulait l’effacer des tablettes, il faudrait que chaque Français paye aux alentours de 830 euros. Dès lors deux solutions : pomper cette somme sur le compte en banque de chaque Français solvable : notre anus n’en est plus à ça près. Ou la solution la plus logique : faire payer cette somme par les banques, les industriels et les financiers qui nous ont mis dans cette situation et ainsi rétablir une certain équilibre, mais il ne faut pas y compter. Une autre solution consisterait à faire payer la somme par les dix plus grosses fortunes de France, sous fond de solidarité nationale, elles n’y verraient que du feu et regagneraient le montant dû en trois jours, mais c’est plus rigolo pour l’Europe de saigner à blanc des petits travailleurs qui touchent en un an ce qu’un industriel gagne en une heure.

 

 

 


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