Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Au cœur ardent d’une actualité marquée par la neige – celle qui tombe là où elle est inattendue ; celle qui accueille les skieurs en vacances – la trilogie, pérenne et immarcescible, « Sexe – Pouvoir – Argent », s’invite avec force à la une des chroniques et des médias soit sous la forme de questionnement autour de la démission de Benoît XVI, soit sous celle d’un livre de Marcela Jacob, traitant dans « Belle et bête » de sa liaison avec l’amant jamais nommé (DSK). Ainsi, les spécialistes dont Frédéric Lenoir rappelle tout d’abord que « les dérives de pouvoir et financières, comme les scandales sexuels ont émaillé son histoire » (vente de sacrements, de reliques, simonie, mœurs dissolues du clergé) et souligne que « la démission de Benoît XVI est le signe qu’il n’avait plus la force de faire face à ces querelles intestines, à ces scandales à répétition » et notamment par le dernier en date qui serait relatif à l’existence d’un lobby gay au sein du Vatican. Va-t-il dès lors assister à un assainissement de la Curie romaine, de supprimer le Vatican comme État temporel faisant du Pape simplement mais absolument un représentant spirituel, ou plutôt de tenter d’élire un cardinal qui, sans être une grande figure, se situe entre la sous-médiatisation de Benoît XVI et la surmédiatisation de Jean-Paul II, afin d’éviter le « non habemus Papam » au sens fort de l’expression. A la veille de Pâques, le défi n’est pas mince : la grande réforme de la Curie est sûrement à venir sans porter atteinte à la personnalisation du pouvoir papal. Parallèlement, l’opinion publique découvre – sans autre lien qu’une curieuse concordance des temps – un nouveau livre sur DSK intitulé « Belle et bête » relatant les relations de son auteur(e) – écrivain, juriste – avec l’amant qualifié « d’être double, mi-homme, mi-cochon ».

La réponse de DSK dénonçant « le comportement d’une femme qui séduit pour écrire un livre se prévalant de sentiments amoureux pour les exploiter financièrement » accompagne celle de Christine Angot déniant tout qualificatif littéraire à cet ouvrage. La question reste entière de savoir jusqu’où peut aller un éditeur ou un média pour toujours mieux vendre. Mais au-delà de cette effervescence qui touche en quelque sorte à une certaine forme de « décivilisation » chère à Renaud Camus, au-delà du marathon présidentiel au Salon de l’Agriculture (le corrézien Hollande rejoint le corrézien Chirac dans l’exercice du toque-manettes pendant dix heures !), c’est l’économie française qui se trouve à nouveau au bord de la rupture en raison de l’effondrement de son appareil de production : la croissance est nulle depuis le Printemps 2011, la production industrielle a chuté de 16 % depuis 2008, entraînant la fermeture de 1087 usines et la suppression de plus de 200 000 emplois. Le nombre de faillites d’entreprises culmine à 61 000 et continue à progresser. Il en résulte une nouvelle perte nette de 70 000 postes de travail. Comme l’écrit avec justesse Nicolas Baverez (économiste et historien) « ni la croissance zéro, ni l’effondrement des marges des entreprise, ni la désindustrialisation, ni le chômage de masse ne datent de l’élection de François Hollande. Mais sa responsabilité est entière dans la rupture actuelle de l’appareil de production en raison du quadruple choc qu’il a infligé aux entreprise : choc fiscal de 1,2 % du PIB, choc financier avec l’arrêt des financements privés au bénéfice de la Banque Publique d’Investissement ; choc économique de la récession ; choc politique de la guerre contre l’entreprise ». Faut-il en conclure que « la France est plus que jamais une bombe à retardement au cœur de la zone euro, que nous avons fait le choix de la décroissance via la préférence pour le chômage et l’emploi » ; faut-il suivre, croissance quasi-nulle oblige en ce début 2013, les idées du Premier Président de la Cour des Comptes, Didier Migaud : réduire les allocations chômage des cadres, réformer les allocations familiales en les fiscalisant (vieux serpent de mer depuis vingt ans), fiscaliser les avantages de certains retraités, plafonner le chômage des cadres (le déficit de l’UNEDIL sera de 5 milliards d’euros en 2013). Faut-il souligner qu’était désormais enterrée la promesse (de campagne) de ramener les déficits de 4,5 % à 3 % en 2013, le Président de la République, plus disciple du pragmatisme et de (dans) la formule que le « Petit père Queuille», nous affirmant, avec le sérieux présidentiel indispensable à ce type de déclaration : « Il ne sert à rien d’afficher les objectifs s’ils ne peuvent pas être tenus ».

 Stéphane Baumont


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