Thomas Simonian
Thomas
Simonian

Décalage horaire

Dimanche, c’était le grand changement d’heure de printemps. Celui qui énerve tout le monde parce qu’il nous enlève une heure de sommeil, mais qui nous fait aussi redécouvrir notre maison. Tous les appareils électroniques sont passés au crible. Le moindre intrus est traqué, même la vieille montre offerte par la grand-mère, restée coincée au fond d’un tiroir.

 

C’est à ce moment-là qu’on se réjouit d’avoir gardé toutes les notices des appareils.  On les ressort toutes, cherchant désespérément à comprendre comment passer à cette nouvelle heure, celle que l’on n’aime même pas.

 

Et lorsque, par-dessus le marché, on a prévu de faire des choses dans la journée – des vraies choses, pas seulement la traque aux horloges -, on est souvent bien embêté. Une séance de cinéma par exemple. Dimanche, c’est ce que j’avais prévu. Je consulte donc les films à l’affiche sur internet et je prévois l’heure de ma séance.

 

En sortant de chez moi, quelques rayons de soleil caressent mon visage. Quelques piétons profitent aussi des premières éclaircies printanières. Du cinéma par contre, j’en ai moins l’impression. Devant l’entrée, pas un chat. Et c’est là que commencent les doutes. Je regarde ma montre. Une fois, puis deux. Tout a l’air normal.

 

Anxieuse, j’avance devant le guichet. Le salarié du cinéma a un petit sourire en coin. Apparemment, je ne suis pas la première ce matin à avoir oublié de changer la seule donneuse d’heure que je consulte tous les jours : ma montre. Oui, la séance est bien dans une heure. Au moins, je serai en avance.

 

Ariane Riou


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