Marc Sztulman
Marc
Sztulman
Un Toulousain concerné

De l’analyse de la défaite à la défaite de l’analyse

Rien n’est éternel en politique, vous, moi, le reste du monde… et surtout les analyses des défaites politiques. La défaite n’est pas un résultat, c’est un processus, qui commence en 2008 et se termine en 2014. Et si la défaite est toujours orpheline, la gauche a besoin d’un vrai bilan pour se relever, et d’une vraie analyse de la défaite. Si aujourd’hui ces analyses fleurissent, elles sont trop souvent synonymes de défaite de l’analyse. En effet, les analyses de la défaite de Pierre Cohen ont fleuri très vite ; et même trop vite. Sous divers visages : parfois derrière un masque, parfois se parant de la franchise, pour mieux cacher son exploitation politique. Mais, je ne peux malheureusement que constater que ces analyses ont deux lacunes structurelles. Primo, il en va des  analyses de la défaite, comme de l’analyse chez Freud,  l’important n’est pas de se dépêcher, mais bien de comprendre les dysfonctionnements. Et certains, atteints du syndrome de Dalida, pensent qu’en se dépêchant de monter des groupes « apolitiques», de communiquer à tout va, pourront mourir sur la scène politique… Mais en réalité : l’analyse de la défaite ne permet pas d’incarner l’opposition et a fortiori l’avenir. En effet, pour tous ces champions de l’analyse, elle n’est qu’un prérequis, une étape avant de poursuivre leur véritable but : incarner l’opposition et donc l’avenir. Alors tout est bon pour liquider au plus vite cette analyse : National « bashing » pour les uns, contre Moudenc « bashing » pour les autres. On ne peut en vouloir à Jean Luc Moudenc d’être un représentant des valeurs de la droite. Quant au “national”, force est de constater qu’aucune ville de taille comparable à Toulouse n’a basculé (Bordeaux, Lille, Strasbourg, Nice, Lyon, Montpellier).

« Rien n’est éternel en politique »

Secundo, ces analyses se focalisent exclusivement sur la campagne et non sur l’environnement de cette dernière. En résultent deux éléments importants. D’abord, les éléments structurants qui ont présidé à son établissement – à savoir les sondages – étaient erronés. La vraie question est alors : pourquoi ces sondages étaient structurellement faux ? Quels ont été les éléments dans cette campagne qui ont empêché les sondeurs d’être prophètes ? Ensuite, les analyses de la défaite passent sous silence un fait évident : une campagne ne se perd pas dans l’absolu, c’est un autre qui la gagne ! Et là aussi, sans verser dans la critique systémique, aucune analyse n’a été faite de la structure de la campagne de l’actuel maire de Toulouse : communication segmentée, maillage du terrain, omniprésence, affichage d’une ligne de rassemblement de sa famille politique, une omniprésence médiatique de la société civile, qui, à défaut de rendre les novices compétents dans l’exercice de leurs fonctions, les rend attirants pour l’électeur… En finissant ces lignes, je me rends compte que je n’ai pas encore fait mon analyse de notre défaite ; mais si rien n’est éternel en politique, je suis sûr que le nouveau Journal Toulousain perdurera assez longtemps pour écrire cette analyse, ainsi que l’analyse de nouveaux combats politiques et de nouvelles victoires…


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.