Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

De Bugarach à Newtown !

Il y a d’abord, en cette veillée de Noël avec l’escorte des chalets de la surconsommation et le monde sur les avenues et les grands boulevards, ce fameux 21 Décembre « date fantasmée de tous les possibles » approchant et au-delà de toutes les crises que nous connaissons, l’annonce de la « fin du monde » (la 183° annoncée) et des 250 journalistes attendus dans le fameux « haut-lieu » de Bugarach », le Davos de l’Apocalypse sans les dévots » (JDD) au cœur ardent de la terre cathare abritant selon la rumeur un garage pour engins intersidéraux. L’objectif du Préfet de l’Aude : « faire face à un phénomène informe qui tourne autour de la rumeur sur la rumeur ». On a envie de dire « un grand classique » en ces temps hautement médiatiques.

Il y a aussi ce nouveau drame aux États-Unis (un massacre qui a fait vingt-huit morts dont vingt enfants !) conduisant le Président Obama à verser, en direct, de vraies larmes qui selon les chroniqueurs ne « suffisent pas » tant il est vrai que pour éviter un autre drame du même genre, « il faut faire de la politique » et oser revenir sur le deuxième amendement d’une Constitution autorisant depuis 1791 les citoyens à détenir et à porter des armes. Mais la National Rifle Association est puissante et constitue un véritable contre-pouvoir aux États-Unis en réaffirmant : « ce ne sont pas les armes mais les gens qui tuent »… Les gens désarmés tuent moins !

Deux autres événements marquent l’actualité : la disparition de Maurice Herzog, vainqueur avec Louis Lachenal de l’Annapurna (« Premier 8000 ») donnant à la France des années 50 et 60 le héros gaulliste d’une conquête chèrement payée (amputation des doigts des mains et des pieds) ; et la lettre de Gérard Depardieu au Premier ministre à la suite de son exil fiscal (« Minable, vous avez dit « minable » ? Comme c’est minable ! »). Quant à l’exécutif, 2012 s’achève dans l’impopularité : il n’y a plus que 37 % des Français qui sont satisfaits de F. Hollande, minoritaire partout (chute chez les ouvriers et très fortement dans les franges de gauches) comme son Premier ministre (-14 points depuis Octobre). Les raisons : Florange mal géré et faisant émerger le leader de la CFDT, Édouard Martin, l’affaire Cahuzac (qui n’est pas terminée), les lettres de Hollande et de Vals dans le procès Trierweiler. Et chacun d’attendre que cesse l’hypo-présidence moins pour une hyper-présidence mais pour un exécutif qui tient la barre avec la plus grande fermeté.

Il y a aussi un contrat de présidence issu de son élection même à la Présidence de la République : ce dernier n’est pas appliqué. Pour l’installer, il n’y a pas encore de méthode appliquée ou applicable. Sous la pression des médias, des sondages, de sa majorité, de ses oppositions, les pratiques de communication de la Présidence vont devoir s’adapter. C’est peut-être la raison de l’appel de Claude Serillon à l’Élysée. François Hollande va-t-il enfin prendre le risque d’une communication moins épisodique, moins contrôlée, plus interactive ? Oui, il lui faut reprendre le slogan du candidat « le changement, c’est maintenant ». Ou il y a innovation en Janvier avec réaffirmation de l’autorité présidentielle ou il sera condamné, pour exister pleinement, politiquement à communiquer comme le Président sortant. « Arrêtons d’enflammer la France avec des questions marginales, lance J.P. Chevènement, elles sont le cache-misère d’une insuffisante prise en compte des questions économiques et sociales. »

 Stéphane Baumont


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