Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Curieux et paradoxal pays où les défaites du XV de France prennent des allures de drame national au moment même où le rugby à XV par la grâce (la disgrâce !) des techniques proposées ressemblent de plus en plus au jeu à XIII et où les frères Boniface et autres Gachassin, Mass, TrilloO ont été remplacés par des Bastareaud, un pilier comme trois-quart ; curieux et paradoxal pays qui pallie la faiblesse numérique syndicale par ces « durs qui font peur au gouvernement » (les leaders syndicalistes de Goodyear, Petroplus, PSA, Fralib, Arcelor Mittal) auquel ils rappellent avec Thierry Lepaon, nouveau secrétaire générale de la CGT « qu’Hollande s’inscrit dans la suite de Sarkozy » ; curieux et paradoxal pays qui conjugue presque toujours en même temps la colère sociale qui peut déboucher sur la fièvre hexagonale et la rue (avec le bon vieux mythe de la « révolution ») avec la contractualisation des rapports donnant un tempo – relevant du rêve hier – à la démocratie sociale et en attente toujours d’une nouvelle révision constitutionnelle ; curieux et paradoxal pays qui distille les combats de la Cour des Comptes avant la publication du Rapport officiel et qui stigmatise une des actions conduites par Éric Woerth ici à nouveau « épinglé », confirmant ainsi qu’il n’est pas de semaine sans que soient dénoncés, ici ou là, à droite comme à gauche des comportements, des politiques ou des actions individuelles troublant la transparence républicaine ; curieux et paradoxal pays où de nombreux militants du Parti Communiste français ont été choqués par une décision de la direction d’un Parti écartelé entre Laurent et Mélenchon, à savoir la disparition de la faucille et du marteau sur leur carte d’adhérent ; curieux et paradoxal pays qui vole au secours de l’impopularité du Président devenu « un homme de décision » après l’épopée africaine au Mali et tente de comprendre l’évolution européenne où pour la première fois dans l’histoire de la construction européenne, le budget débloqué pour les sept prochaines années est inférieur à celui mobilisé sur les sept précédentes ; et chacun de s’interroger sur la probable ou possible impasse européenne ; curieux et paradoxal pays où l’opacité qui règne sur la réserve parlementaire se craquelle doucement au point de révéler pour un département sur 100 comment sont répartis les 90 millions d’euros à disposition des députés et 58 millions pour les sénateurs ; curieux et paradoxal pays où au-delà des grands principes (de sincérité et d’équité) on découvre que les quatre départements les mieux servis en France étaient la Savoie (B. Accoyer), la Mayenne (J. Arthuis), l’Oise (Ph. Marini) et le Lot-et-Garonne (J. Cahuzac) faisant ainsi constater que la Présidence de la Commission des finances avait de telles retombées pour les terres respectives de l’UMP et du PS ; curieux et paradoxal pays où un ministre, B. Hanson, déclare, à propos du scandale des produits Findus qu’il ne peut « mettre un fonctionnaire derrière chaque pain de viande » et où José Bové n’hésite pas à évoquer des pistes mafieuses pour expliquer la façon dont de la viande de cheval a pu se retrouver dans des préparations à base de bœuf ; curieux et paradoxal pays où un animateur de radio devient politologue et qualifie Hollande de « dur » et où l’on découvre que la neige, à force de tomber sur les Pyrénées, Cauteret est devenue la station de ski la plus enneigée du monde au point d’avoir du mal à ouvrir toutes les pistes, tant il est vrai, surtout en France que « trop de neige tue le …ski ! »

 Stéphane Baumont


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