Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Curieux mois de juin

Dans une actualité très riche il y a tout d’abord, l’hypermédiatisation de la mort du grand champion de boxe Mohamed Ali. Être à part, athlète hors-norme dont la vie ressemble à un scénario hollywoodien, n’hésitant pas à martyriser les adversaires qui lui manquent de respect, cette “légende de la boxe” fut aussi messager de la paix pour les Nations Unies en 1988 se faisant ainsi l’avocat des plus démunis. Véritable icône, “Mohamed-Ali-Cassius-Clay” aura des obsèques nationales le 10 juin prochain avec un discours de l’ancien président Bill Clinton et peut-être le rappel d’un mot du grand boxeur à l’aura mondiale : « Dans cent ans, on dira que j’étais blanc, c’est ce qu’ils ont fait à Jésus ». Peut-être qu’à Rio, l’esprit de Mohamed Ali planera sur la cérémonie d’ouverture des JO…

Autre phénomène médiatique qui curieusement se télescope avec la crise sociale et politique, l’événement météorologique des pluies diluviennes suscitant de très graves inondations et près de deux milliards de dégâts et les débats de l’euro de football sur fond de déclaration sur la nature “raciste” des choix d’un sélectionneur.

« Ils auront créé un rapport de force »

Curieux mois de juin décidément, où les événements naturels autant que les divertissements n’empêchent pas la crise sociale de devenir de plus en plus politique au point de se demander s’il sera longtemps possible au chef de l’État de présider la République avec 4% des Français lui faisant confiance et 14% s’apprêtant à voter pour son renouvellement en 2017. Si la question de la légalité de son exercice ne pose aucun problème, celui de la légitimité, donc de la responsabilité politique, condamne F. Hollande à proposer au peuple français en référendum, une dissolution ou sa démission.

L’Euro rendra peut-être moins urgente la décision. Le chemin politique de l’exécutif pour maintenir la loi et l’aménager pour faire rentrer dans le lit de la politique les jacqueries et autres violences est étroit, mais il existe. Si la foi du charbonnier habite le président, il trouvera ce chemin. À moins que nous ne vivions déjà une parfaite illustration de ce que M. Gauchet appelle « le malheur français », c’est-à-dire « l’impossibilité de parvenir par la politique à des solutions constructives rendant la suite du mouvement social imprévisible ». Comme le suppute Marcel Gauchet : « La CGT, le PC, le Front de gauche ou la gauche du PS, tous sont dans un calcul politique qui va conduire à calmer le jeu en vue des prochaines élections présidentielles. Mais ils auront créé un rapport de force, comme on dit dans le langage léniniste ».

 


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