Philippe David
Philippe
David
L'esprit libre

Cul par-dessus tête

Le landernau politique français est en émoi depuis maintenant quelques semaines et les choses ne sont pas prêtes de s’arranger.

Tout avait commencé avec la loi El Khomri qui a fait exploser les clivages politiques. Bien que présenté par un gouvernement socialiste, ce projet de loi a déclenché l’ire de tout ce qui se trouve à gauche du PS et au sein d’une partie du PS, celle qu’on appelle couramment “les frondeurs” (qui soit dit en passant n’ont jamais eu le courage de se servir de leur fronde depuis maintenant quatre ans). Cette même loi El Khomri est encensée par une bonne partie des Républicains, qui trouvent d’ailleurs qu’elle ne va pas assez loin, et par le Medef alors que le chef de l’exécutif avait affirmé haut et fort avant de briguer la magistrature suprême : « mon ennemi, c’est la finance ».

Les choses risquent de s’aggraver avec la réforme pénale déposée cette semaine à l’Assemblée nationale par Jean-Jacques Urvoas, réforme destinée à « créer une arme contre la menace terroriste ».

« François Hollande aura rendu la gauche libérale et sécuritaire »

Comme pour la loi El Khomri, les clivages ont explosé et exactement de la même manière : à gauche du PS, on n’a pas de mots assez durs pour parler de cette réforme et à droite, à l’exception notable de Patrick Devedjian qui y est opposé, on trouve que c’est bien, mais que ça ne va pas assez loin. Au PS, même remarque que pour la loi El Khomri, les frondeurs vont ronchonner, mais avec la fronde enfermée dans un coffre-fort dont ils auront au préalable jeté la clef à la Seine, les investitures pour les législatives de l’an prochain approchant à grands pas.

Ces deux lois montrent en tout cas que François Hollande aura pendant son mandat rendu la gauche libérale et sécuritaire. Le même François Hollande qui, pendant les dix ans durant lesquels il dirigea le Parti socialiste, n’avait jamais de mots assez durs pour parler de “l’ultralibéralisme” et qui hurlait à l’atteinte aux libertés quand la droite alors au pouvoir voulait durcir la politique sécuritaire ou pénale. Le même François Hollande dont l’ennemi était la finance lorsqu’il était candidat et qui aujourd’hui se fait applaudir par le Medef…

Grâce à lui, les clivages politiques ne veulent plus rien dire ou presque, la droite trouve que la gauche ne va pas assez loin tandis que la gauche ne dit rien ou tire à boulets rouges sur un gouvernement de gauche, personne n’y comprend plus rien.

Comme on dit ici dans le Sud-Ouest, la politique française est vraiment “cul par-dessus tête”.

 

 


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