Michel Montagne
Michel
Montagne
Délégué régional Mouvement associatif LRMP

Constats et enjeux sur les spécificités de l’emploi associatif

Si les restrictions budgétaires actuelles rendent plus difficiles la pérennisation des emplois, ce ne sont cependant pas moins de 164 455  salariés qui œuvrent au quotidien, dans les associations et s’engagent pour le développement des projets associatifs. Ce qui représente deux fois la filière aéronautique et ses sous-traitants sur notre région. Sur la métropole toulousaine ce sont 2 568 associations qui emploient 25 165 salariés.

Contrairement à certaines idées reçues sur l’impor­tance des emplois précaires dans les associations, les salariés bénéficiant d’un CDI sont majoritaires : 7 salariés sur 10 en région. Néanmoins, ce type de contrat reste moins répandu dans les associations que dans le reste de l’économie. Les associations représen­tent à peine la moitié (47%) des contrats aidés du secteur non marchand.

En revanche, les rémunérations en moyenne plus faibles dans les associations : si l’on rapporte la masse salariale brute aux effectifs salariés en ETP, le salaire brut annuel moyen d’une personne employée toute l’année et à temps complet s’établit à 25 400 € dans les associations contre 31 400 € dans l’en­semble du secteur privé.

Le travail à temps partiel concerne près de la moitié des salariés dans les associations contre 20 % dans le privé et 22 % dans le public. En équivalent temps plein, le volume de l’emploi salarié dans les associations du territoire correspond à un ratio de 1,2 personne pour un poste, comme au niveau régional et national.

 « Sur la métropole toulousaine, 2 568 associations emploient 25 165 salariés »

Comme pour les autres familles de l’Économie sociale et solidaire, les associations devront faire face, dans les prochaines années, au renouvellement d’une partie de ses salariés. 29% des employés du secteur associatif sont âgés de 50 ans et plus (contre 25% dans le secteur privé hors ESS). C’est donc plus d’un quart des salariés des associations qui devra partir à la retraite dans les 5 ans qui viennent. Les structures associatives de la métropole toulousaine doivent donc anticiper le départ à la retraite de plus de 5000 salariés. Mais si rien n’est fait, cela risque d’être la variable d’ajustement des budgets associatifs alors que potentiellement c’est un formidable renouvellement des générations qui s’annonce.

Quant aux femmes, elles occupent 73% des postes dans les asso­ciations du territoire. C’est beaucoup plus que dans le secteur public (60%) ou le privé (41%). Cette surreprésentation s’explique en grande partie par la nature des emplois fémi­nins qui sont plus nombreux dans le domaine social, dans les services d’aide à la personne ou dans l’en­seignement. Dans les associations comme dans le reste de l’éco­nomie, les femmes accèdent proportionnellement moins souvent à des postes d’encadrement. Ainsi, 9,6% d’entre elles travaillant au sein d’associa­tions occupent un emploi de cadre contre 17% des hommes. De même, elles occupent 82% des emplois à temps partiel des associations.

Plusieurs facteurs conjugués nous permettent d’affirmer que l’emploi associatif devrait bénéficier de dynamiques favorables dans les prochaines années : le vieillissement et la poursuite de la croissance de la population, la poursuite du développement des services, le maintien de la demande d’activités récréatives et les préoccupations croissantes en matière d’environnement.

 

 

 


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