Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Comment incarner l’impératif du lien ?

En période pré-électorale marquée déjà par la précampagne des primaires (à droite) chacun essaie d’analyser pour mieux orienter les différentes campagnes conduites. Un historien Michel Wieviorka et un sociologue Gérald Bronner donnent, chacun à leur manière, les clés d’un décryptage dont l’utilisation permet de mieux appréhender les réalités d’un monde politique qui semble déjà inscrire au fronton de ses institutions le titre de la pièce de Beckett “Fin de partie”.

La question est de savoir, après “l’affaire” du 49-3, non pas comment F. Hollande va tenter d’être le meilleur candidat pour la gauche au moment où Montebourg, Aubry, Hamon, Macron sont en “embuscade rapprochée”, mais si le PS est déjà trop atteint par les déchirures et les règlements de compte.

M. Wieviorka veut en finir avec le “déclinisme” et considère que « l’effondrement de la base militante du PS et du socialisme municipal peut être l’opportunité d’un renouveau ». Il n’en dresse pas moins le tableau d’un parti en ruine : la gauche est devenue minoritaire à tous les niveaux ; pas de vision mais un grand renfort de “com” ; fin du lien social ; le PS et les siens sont rejetés par la jeunesse qu’ils avaient promis d’écouter.

« Lassés un peu partout et à l’extrême »

Le PS perd ses alliés, ses associés, une distance jamais vue le sépare du peuple de gauche loin des manœuvres peu convaincantes de “He oh la gauche” ou la “Belle Alliance populaire”, 80 ans après 1936 (!).

Voilà qu’un vide sidéral s’est affiché entre une gauche de droite aux affaires (Valls, Macron) et une gauche de gauche (Montebourg, Hamon). Reste à trouver la personnalité capable d’incarner l’impératif du lien entre demandes sociales, culturelles et citoyennes. Pour l’historien, « la gauche devra renouer avec les intellectuels, échapper à la “com” et à la techno-bureaucratie ».

Quand à Gérald Bronner, auteur de la “pensée extrême”, il souligne que « par le succès qu’elle accorde aux paroles les plus décomplexées, la dérégulation du marché de l’information déplace le centre de gravité des enjeux politiques et révèle la face sombre de la démocratie ». Exemple le plus caricatural, celui du candidat Henry de Lesquen promettant, s’il est élu que « la musique nègre sera bannie des médias publics ». Ainsi dans la nouvelle “économie de l’attention” le tiers n’est plus exclu : il illustre le dénominateur commun de l’attente des citoyens « lassés un peu partout et à l’extrême de la morne alternance des droites et des gauches raisonnables ». Attention donc à la “trumpisation” et à cette démocratie du buzz si proche de la sémantique des partis populistes. Aujourd’hui, ce sont les extrêmes qui occupent une place centrale.

 

 


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