Philippe Bapt
Philippe
Bapt
Quelque part au fond à gauche...

Coffe parti: « ça, c’est de la m… »

Alain Decaux nous a quittés. Jean-Pierre Coffe aussi. Deux figures télévisuelles et deux emblèmes cathodiques de leur cause : l’histoire et la nourriture.

Jean-Pierre Coffe est un homme à mille vies, je ne veux en aborder qu’une seule ici, la dernière, son amour du fait culinaire. Il est entré dans mon univers il y a de cela 25 ans, entre “midi et deux”, sur Canal+ avec Jean-Luc Delarue. Ses thèmes de prédilection : le “bien-manger” et pour cela le “bien-choisir” ou la qualité plutôt que la quantité. Avec ses outrances parfois comme la fameuse réplique : « C’est de la merrrrde! » s’appliquant à la nourriture industrielle insipide, flasque et ne respectant pas les saisons. Suis-je un fan ? Absolument pas. Voire même, pendant longtemps, je pourfendais ses prises de positions trop extrémistes et ses prises de parole quasi insultantes. Mais le mérite de cet homme aura été d’avertir, bien des années avant nos amis Verts, des dangers de la nourriture venant d’agriculture ou d’élevage intensifs. Ses crédos : le manger de saison, local et qualitatif qui se déclinent aujourd’hui plus que jamais avec le mouvement locavore par exemple. En est-il l’instigateur ? Peut-être pas directement, mais ses coups de gueule cathodiques réguliers et célèbres sur les grandes chaînes du paf ont certainement contribué à la démocratisation de ce refus de la “malbouffe” qu’un José Bové portera sur un terrain politique quelques années plus tard.

Pourtant, il fera des publicités pour de l’hyperdiscount, certes pour des produits, mais sans tenir compte du management humain qui permet de si bas coûts d’achat. À chacun ses égarements : pour certains c’est la pub pour d’autres c’est un portefeuille ministériel…

Consommer local est une culture à acquérir.

Alors, sur fond de crise agricole, il est bon de se souvenir qu’il y a plus de trente ans, un restaurateur français refusait de servir un hamburger au président des États-Unis et prévenait il y a 25 ans des dangers d’une alimentation peu ou pas saine.

Aujourd’hui, les émissions de concours culinaires ont pris le pas dans nos écrans sur les chroniques culinaires. Dommage ! Qui pour continuer régulièrement à alerter le grand public et faire profiter de son savoir pour concocter de savoureux mélanges, quand on sait, statistiques à l’appui, que l’obésité chez les Français s’accroît ? Et que des sources de cette maladie sont les plats préparés, les sodas… Je pense qu’il est important qu’un personnage public rappelle les principes simples de la bonne alimentation. Les enquêtes telles celles réussies d’Élise Lucet ne touchent qu’un public trop ciblé.

Consommer local est une culture à acquérir. Dans notre zone toulousaine, nous pouvons trouver facilement des circuits courts de distributions. Ainsi on peut échapper à la trop grande marchandisation des aliments.

Pour conclure, la nourriture est un produit de consommation, mais ne devrait pas avoir sa place comme produit de spéculation. Encore faut-il concevoir l’humain comme élément central de notre société, non comme une simple source de profit et donc de variable d’ajustement.

 


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