Philippe Bapt
Philippe
Bapt
Quelque part au fond à gauche...

Citoyens, palmipèdes même combat ? Stop au gavage !  

La période des fêtes se referme. Les vœux des collectivités sont terminés et les galettes quasi digérées. Il est important de se remettre au boulot. Les dossiers qui fâchent sont nombreux d’ici les événements sportifs estivaux qui ne manqueront pas d’anesthésier les citoyens : Euro en France et JO au Brésil, à Rio de Janeiro. Le souci est que l’on arrive en période pré-présidentielles. Le scénario est rodé : François Hollande va lancer toutes ses forces politiques dans la bataille sur le front de l’emploi, entre nouveau plan et future loi sur l’assouplissement du Code du travail. Sur le front sécuritaire, la réforme constitutionnelle annoncée et défendue jusque dans l’émission #ONPC de Laurent Ruquier, samedi soir, par Manuel Valls va bien encore occuper un peu médias et penseurs cathodiques pendant un temps. Et autour, je le prédis, voici le type de réactions qui ne tarderont pas : à l’extrême droite, ce sera « tant que l’on n’a pas fermé les frontières point de salut ». À droite, comme toujours cela n’ira pas, car « recette du passé, trop liberticide, etc. » À l’extrême gauche, ces mesures sont « de droite » donc pour Mélenchon-Laurent (même combat), les mesures « ne font le jeu que du patronat! » Pour les Verts, entre Mamère qui essaie de se la jouer vieux sage et les autres qui essaient d’oublier leurs égarements des régionales… une position ambiguë comme d’habitude, mais surtout pas celle du président de la République. Enfin, tout au fond, à la gauche de la gauche, rien ne sera validé pour ne pas changer… Le jeu politique est tellement sclérosé et prévisible. Alors que plus de 10% de la population française est dans une précarité telle que même le système D ne suffit plus, le jeu des élus ne varie pas. Plus de réflexions globales sur notre avenir commun, sur le devenir du pays. La communication politique montre ses limites, mais elle est devenue l’alpha et l’oméga de la pensance politique : pas plus tard que mardi, une députée verte invite une dinde botoxée parmi les députés à venir parler foie gras et gavage de palmipèdes pour légiférer, en pleine tourmente des agriculteurs du Sud-Ouest qui doivent faire face aux conséquences du virus de la grippe aviaire sur leurs élevages et aux dégâts économiques…

Autant faire revenir vraiment Bernard Tapie et Michel Noir dans l’arène politique.

Tout pour le buzz ! Où est l’esprit responsable de cette élue ? Est-ce là, dans le contexte actuel, le seul sujet sur lequel se pencher ? Et depuis quand Pamela Anderson, honorable playmate et actrice, est une experte digne d’être présentée à la représentation nationale ? Le bruit médiatique vaut beaucoup plus pour beaucoup que réflexion et action ! La communication est à la politique ce que le maquillage est au cinéma.

Bref, les nouveaux élus se comportent globalement comme leurs prédécesseurs, malgré deux coups de semonce consécutifs en 2015. La politique est leur métier et ils veulent se gaver. Au fait, rappelez-moi… le salaire médian en France est à 1 500 euros ? Et dire que la proposition du PRG de garder le cumul des mandats, mais qu’un seul émolument, paraissait pourrie aux yeux des médias. Au lieu de cela, une loi de limitation de cumul pour 2017 déjà en préparation pour être abrogée, dixit LR. Donc, jusque-là, ça cumule. Et surtout, nos représentants ont petit à petit tendance à s’éloigner de la réalité… vivant dans la leur.

Donc, le jeu politique est bien huilé : le débat nul ou sclérosé, la nouvelle génération qui perpétue les âneries du passé, et l’on s’en remet à l’effet repoussoir du FN. Jusqu’à quand allons-nous subir cet état de fait qui fait le lit du populisme ?

À jouer les apprentis sorciers, les politiques sont-ils conscients de précipiter notre beau pays aux valeurs humanistes certaines vers un chaos républicain?

Alain Juppé serait la solution me glisse certains… Non, mais je rêve ! Autant faire revenir vraiment Bernard Tapie et Michel Noir dans l’arène politique. Au bal des repris de justesse, ils s’accompagneraient bien.

Tout cela pour appeler, en cette fin de période de vœux, à une vraie réflexion sur la morale en politique, applicable à tous, car rappelons-nous bien qu’un mandat d’élu n’est pas un dû ni un travail, mais une charge temporaire qui requiert probité et don de soi. Trop de monde l’oublie !

 


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