DorianDreuil
Dorian
DREUIL
Conseil d'administration Action contre la faim. Délégué à la vie associative.

Choisir la solidarité

La question du choix, du libre arbitre a traversé la pensée philosophique et nombreux sont celles et ceux qui ont cherché à savoirsi nous sommes libres de faire nos choix ou déterminés par notre volonté. Certaines difficultés imposent pourtant de ne pas pouvoir choisir. Devant la difficulté, souvent choisir n’est plus une option.  Pour Sénèque « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ». Aujourd’hui, face aux crises humanitaires qui se succèdent, nous n’osons pas toujours la solidarité. La crise des migrants, des réfugiés, en est l’exemple. Si les statuts des plus vulnérables qui décident de quitter leur pays sont nombreux et différents, ils ont en commun l’exil.

Depuis plus de 35 ans, Action contre la Faim vient en aide aux plus vulnérables dont beaucoup sont des personnes déplacées ou réfugiées. Cela s’inscritdans l’histoire d’ACF dont la première mission fut de porter assistance aux réfugiés afghans au Pakistan en 1979. Pour beaucoup, l’assistance humanitaire est une question de survie. Les raisons qui poussent à l’exil sont nombreuses et ne cessent de croitre : les conflits armés, la violence, le dérèglement climatique, l’instabilité politique en sont les principales. À travers la campagne #NOTACHOICE (http://notachoice.org), ACF veut rappeler que les personnes poussées à l’exil ne le font pas par choix.Tout laisser derrière soi et quitter son pays obéit directement au manque de protection et de sécurité.

Si l’exil n’est pas un choix, il est encore temps pour nous, d’oser choisir la solidarité.

Devant la multiplication des zones de conflit, l’acheminement de l’aide devient de plus en plus difficile ; discriminant de fait les minorités et empêchant l’accès des populations à l’alimentation et aux services essentiels. On assiste aujourd’hui à la mise à mal du droit des réfugiés dont le statut a subi une violente dégradation. C’est une situation qui accentue fortement la pression aux frontières, c’est notamment le cas entre la Syrie et les pays limitrophes.

Les exemples sont nombreux, en Somalie, République Centrafricaine ou au Tchad. En Syrie en Irak ou au Yémen, lorsque l’aide n’arrive pas, la sous-nutrition progresse. Aujourd’hui, les droits et le bien-être des personnes en exil ne sont pas assurés alors que leur nécessité a été rappelée par le Haut-Commissariat aux Réfugiés (agence des Nations Unies pour les réfugiés). Ces droits et ce bien-être ne peuvent être sauvegardés si l’accès à l’aide humanitaire n’est pas garanti. Mais l’insécurité rend plus difficiles, impossible parfois, l’acheminement et la distribution de l’aide humanitaire aux plus vulnérables.

La route de l’exil est semée de dangers pour ceux qui la traversent, et si la situation est aujourd’hui alarmante, elle pourrait s’aggraver rapidement d’ici quelques années. L’urgence humanitaire est de rigueur, mais ne suffit pas à trouver des solutions au long terme. Et le terme de cette crise ne semble pas arriver. Si l’exil n’est pas un choix, il est encore temps pour nous, d’oser choisir la solidarité.

 


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