Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Chevelure de comète

Au-delà de tout événement « terrien » et « humain » il y a, loin de tout imaginaire inter-sidéral et de toute géopoétique éclatante et enthousiaste, le succès de la sonde européenne Rosetta. Comme le souligne l’astrophysicien Francis Rocard « on s’est posé sur une comète que l’on ne connaissait pas, que l’on a commencé à découvrir en juillet et nous avons fait de la science sur cette comète ! … On s’est posé à une dizaine de mètres de l’endroit prévu… » S’il y a de la poésie à chasser la chevelure des comètes, il y a aussi la formidable réussite de cette Europe spatiale qui a fait preuve à la fois d’ambition, de vision, de patience, d’ingéniosité et d’indépendance et dont Rosetta est un exemple éclatant de réussite. Approuvée en 1993, lancée en 2004, arrivée en 2014, elle incarne une forme « d’esprit des cathédrales » qui annonce d’autres découvertes pour notre Terre, loin de tout défaitisme d’éventuelle … queue de comète. Tant il est vrai que nous sommes peut-être en train de vivre, comme à l’époque de la Renaissance, la découverte de nouveaux territoires et une nouvelle et inédite page de l’histoire spatiale à la recherche des racines de la vie.

 

« La VIème République ? »

 

Du cosmos et d’une certaine forme de métaphysique, rejoignons le Politique avec les réflexions d’un constitutionnaliste, Dominique Rousseau, et d’un philosophe, Jurgen Hebermas. Le premier propose une réforme profonde des institutions face à l’urgence sociale, l’urgence écologique et l’urgence européenne (chacune de ces urgences ne pouvant être pleinement satisfaite que par la participation des citoyens) et souhaite que ces trois exigences modernes que sont le contrôle, la réflexion et la proximité trouvent leur pleine expression dans une nouvelle Constitution (la VIème République?). Il s’agit de reconnaître « le statut de lanceur d’alter citoyenne et les conventions de citoyens », de sortir le ministère de la Justice du gouvernement, de « supprimer le Conseil d’État pour libérer la société », de transformer le Conseil économique et social, de donner la présidence du Conseil des ministres au Premier ministre et de lier la vie du gouvernement à celle de l’Assemblée par un contrat de législature. Quant au philosophe allemand, auteur de « La Constitution de l’Europe » en 2012, il déplore « l’euroscepticisme qui gagne du terrain dans tous les États de l’Union », reconnaît que « la gestion des crises que nous connaissons a placé la République fédérale d’Allemagne en position de leadership » et affirme que « le souvenir des conflits du passé nous conduit à nous rassembler ; cependant les crises n’attendent pas ». Dès lors, quelle proposition suggère-t-il pour que l’Europe redevienne une idée d’avenir ? Elle est courageuse : « Seul le conflit ouvert et acharné sur les différentes possibilités d’avenir pour l’UE, un conflit mené bien sûr avec des arguments mais sans craindre la mêlée, pourrait redonner un futur à l’Europe. » L’essentiel, maintenant, étant de faire avancer d’un même pas la réflexion pour une VIème République et celle devant, peut-être, enfin conduire à une Constitution européenne.

 


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