Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

« Chers » meilleurs vœux postaux !

Lorsque l’évolution technique fit passer la photo de « l’argentique » au numérique, les sociétés privées se sont adaptées et certaines ont disparu. Pour le leader incontesté du support photographique avant le numérique, Kodak, cette évolution ne s’est pas faite sans douleur (licenciements, fermetures d’usines). Sous peine de disparition. Kodak continue de s’adapter. Mais combien d’emplois et d’usines se sont créés depuis dans la photo numérique ? Rien que du bonheur pour les citoyens : les prix dégringolent alors que le progrès technique augmente. Les quelques nostalgiques qui s’adonnent encore à leur passion sur support argentique, acceptent de payer le prix d’une option devenue rare. A contrario, s’il est une activité qui démontre que le monopole public est néfaste au consommateur, c’est bien celui de l’affranchissement du courrier postal. En quelques années, les cartes de vœux qui remplissaient nos boîtes aux lettres, inondent aujourd’hui nos boîtes électroniques. Une évolution somme toute anodine et saine, vue de la très large majorité de la population mondiale. Avant l’avènement Internet, la Poste d’alors, nommée « PTT » (Postes, Télégraphes et Télécommunications) coulait des jours paisibles depuis 1879, sans se poser de questions sur son avenir ou celui de ses agents au statut protégé. Les « usagers » ne se posaient pas non plus de questions sur l’efficacité de ce service imposé qui faisait partie des meubles étatiques.

« Chaque Français reste persuadé d’avoir un service de qualité »

Et sans moyen de comparaison, chaque Français reste persuadé d’avoir un service de qualité à un prix modeste. Régulièrement, un village fait cependant la une des titres : « les habitants veulent sauver leur bureau de poste » ! On veut toujours sauver quelque chose, mais qui est prêt à en payer le prix ? Or il est facile pour un village de conserver « son » bureau de poste : il suffit de le racheter et d’en assumer les frais d’exploitation, la Poste se chargeant de l’acheminement du courrier comme tout transporteur. Si le service est dit « public », il concerne d’abord le public « habitants du village ». À ce public de se mobiliser, si sa Poste lui tient tant à cœur. Ou sinon, constater l’inutilité du monopole. Aucune politique monopolistique ne peut résister à l’épreuve de la raison. La Poste avait déjà perdu ses deux « T » au profit du marché. La concurrence et l’évolution technique du téléphone ont fait le grand bien des consommateurs. Sous prétexte de perte de chiffre liée à la réduction du volume de courrier, l’augmentation sans précédent du tarif postal est un acte manqué d’adaptation au marché, qui va sonner le glas de l’activité monopolistique de La Poste dans les années à venir. Rassurons-nous : pas grand monde ne s’en plaindra.


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